Posts Tagged ‘Ce que veulent les hommes’

De l’intérêt de Meetic

October 15th, 2006

Ce soir, je suis allé plonger dans la vie nocture de Piccadilly Circus. Quelques bières, quelques rencontres Erasmus, quelques hamburgers plus tard, nous voici devant le premier club. Nous sommes accompagnés de deux minettes de 18 ans, l’âge requis étant de 21, le videur n’apprécie pas le bluff, et nous voici parti à la recherche d’un deuxième club.

Je propose On Anon, club auquel je suis allé pour une promo sur la vodka lundi. Le videur vérifie seulement l’âge des individus mâles, mon collègue et moi même, les minettes passent avec nous sans problème.

La raison en est simple : la clientèle est très masculine. Cependant, je n’ai pas froid aux yeux, et je m’en vais à l’aventure. Les quelques jolies filles sont accompagnées, seuls me reste les filles moins jolies et les hommes.

Accoudé au bar, sirotant la Corona Extra, j’avais perdu tout espoir, jusqu’à ce que mes yeux s’arrêtent sur un groupe de filles parmi lesquelles une jolie fille au sex appeal tout à fait cachonda me tape dans l’oeil. Son corps vibre au son des basses, elle ondule, elle danse, elle s’amuse, et surtout : elle est seule. Laurent, tu peux le faire.

Je délaisse mon collègue, m’avance vers elle, tente un pas de danse assez mauvais, et me dis que la meilleure chose à faire serait de lui parler. Nous sommes assez loin des enceintes, ma voix est donc audible. Je complimente sa manière de bouger, son entrain, son sourire, et je lui demande même son prénom.

  • My name is Katka.
  • You must be from the Czech Republic.
  • How do you know that ?
  • I’ve met two other Katka while I was in Milan, and they were Czech. By the way, I’m Laurent, nice to meet you.

Le dialogue continue. Nous dansons en même temps. Je suis souvent à l’origine des sujets de conversation. C’est lent, mais ça marche. Elle commence même à me poser des questions, à s’intéresser à moi.

Ca s’annonce bien.
Nous nous asseyons, et au détour d’une conversation :

  • My boyfriend is waiting for me in Praha.
  • You have a boyfriend, dis-je stupéfait. Je me reprends. And I’m trying to flirt with you, I am so sorry. Je reste un gentleman.
  • It’s ok, I really do enjoy the talk with you.
  • Yeah, me too, sure…

Quelques minutes plus tard, je lui faisais mes adieux, et je rejoignais mon collègue pour lui conter mes mésaventures. Je me console, au moins, je ne suis pas tombé sur une sexworker.

Songes-y…

October 7th, 2006

J’étais allongé, à la romaine, en train de discuter avec elle. On parlait de tout et de rien, je lui souriais. Il faut savoir que je souris souvent quand je ne comprends pas ce que l’on me dit. Ces derniers à temps à Londres par exemple, par lassitude, je souris lorsqu’un anglais n’articule pas, ou lorsqu’un étranger me parle étranglish : c’est tellement moins fatiguant que de demander de répéter, de faire un effort de compréhension… Avec elle, pas de doute, je comprends, puisque nous parlons en français. De plus, je crois que j’ai presque cerné sa personne : une fille simple, adorable, innocente, pure : la gentillesse incarnée. La chambre est éclairée d’une lumière orange, longueur d’onde approximative 610 nm. Le papier peint, les draps du lit japonais sur lequel je suis allongé et elle assise en tailleur, les meubles, tout est orange, comme si j’observais le monde à travers un filtre coloré. Je ne comprends pas pourquoi. En tous cas, je suis sûr qu’elle est en train de tomber amoureuse de moi : pas de doute, lorsqu’elle me parle, elle est fascinée. Dans le même temps, elle n’ose pas me fixer lorsque je m’adresse à elle. Elle cherche à en savoir davantage sur moi, ce qui me flatte, alors je fais mon numéro.

Cela fait presque 20 minutes que je parle presque exclusivement de ma vie. Et je ne sais rien d’elle. Je parle encore, et je la regarde : elle n’est pas belle, elle est banale, avec un petit truc en moins. Je m’ennuie. Je voudrais partir, mais je ne peux pas. Je m’arrête de parler, je souris. Tout s’efface à moi, ma vue tourbillonne, suis-je en train de m’évanouir. Non. Elle s’adresse à moi, elle parle, elle se confie. Elle me montre une main gauche mutilée que je n’avais pas remarquée. Je frisonne d’horreur et je retrouve mes esprits. Qu’est ce que c’est, je demande faussement avec compassion, alors qu’en réalité, je suis complètement dégoûté. Elle est en confiance, alors elle continue : c’est ma personnalité schizophrène. Je regarde sa main, et je n’en reviens pas mes yeux, je n’ose pas croire ce que je comprends. Ma personnalité schizophrène est complètement instable, dit-elle, elle me veut du mal à moi, et aussi aux autres. Ah bon, ça me fascine. Te rends-tu compte du changement, enfin, je veux dire, lorsque tu es toi-version-mal, est ce que toi-version-bien est encore présente ? Est ce que ça arrive souvent ? Non, me dit-elle, mais lorsque cela arrive, je ne me contrôle pas.

Nous continuons encore la discussion, et puis, je m’en vais. Elle est quand même niaise, un peu conne, et assez moche. Par contre, je suis content de ma prestation de séduction : en toute modestie, elle va penser à moi quelques temps.

Plus tard, alors que je me balade dans la rue. Je la vois qui passe devant moi. Par contre, son regard sans expression est comme changé cette fois ci. Elle feint de m’ignorer, mais du coin de l’oeil, je vois qu’elle m’a reconnu, elle murmure quelque chose. En une fraction de seconde, je comprends : sa personnalité schizophrène a pris le dessus. Je comprends ce qu’elle a murmuré.

T’as cru que j’étais aussi naïve que ça ? (Moi, tu ne m’auras pas)

Un frisson me parcourt l’échine. Je fais demi-tour, et je trace ma route. Il se pourrait bien que sa personnalité schizophrène s’en prenne à moi, surtout si elle a compris que je l’ai draguée pour l’exploit, sans donner suite, en l’ignorant, elle, ses appels, et ses messages Msn. Je me dépêche, je cours, je fends la foule, tel Moïse franchissant la mer, mais je ne guide personne, je ne sais pas moi même où je suis. Une cabine de téléphone rouge, et des taxis circulant à gauche plus tard, je comprends : je suis à Londres. Je suis haletant, je pense qu’elle ne me retrouvera pas. Je ferme les paupières, je les ouvre : elle est au coin de la rue, avec son téléphone en main.

Qu’est ce qui se passe, ce n’est pas possible, comment m’a-t-elle retrouvé ? Ah si, c’est ce nouveau système de messagerie en ligne, ce mashup Meebo, Google Map, et géolocalisation. Comment je fais ? Qu’est ce que je fais ?

Il faut que j’éteigne le service. Pas le temps, elle se rapproche, elle est vile, et elle va me faire un truc affreux. Son esprit est malade. Mes dernières lectures ne me rassurent pas, dans American Psycho, Patrick Bateman réservait des sorts horribles à ses proies. Je cours, je tourne, je me retourne, je suis à bout de souffle, si elle me retrouve là, je suis fini.

Je me relève, elle est en face de moi. Je me lève, c’était un cauchemar.

Rencontre post-londonienne

August 20th, 2006

Top ! Le temps s’arrête, mais mon esprit défile. C’est un arrêt sur image comme il y en a dans ces nouveaux films : un panorama à 360°. Dans un éclat de lucidité, je me vois en train de draguer cette fille. Nous sommes debout, l’un en face de l’autre, ou presque, séparés par cette mini-table design. Un verre à la main, mon poignet s’appuie légèrement sur le disque constituant la partie haute de la table. Elle est un peu en retrait, et feint une timidité clairement calculée. Elle essaie de me séduire, et je réponds à ses avances par des tirades dont je ne me connaissais pas l’éloquence.

***********

Je l’avais rencontrée quelques semaines auparavant alors que je visitais Londres. J’étais venu avec un groupe d’amis italiens. Ce soir là, nous avions donné rendez-vous à d’autres amis, qui étaient venus avec d’autres amis encore. Finalement, personne ne connaissait plus personne. Ce bar d’hôtel super kitsch avait fait salle comble. Dans l’ambiance Erasmus la plus authentique, je faisais connaissance avec tout le monde. Chaque nouvelle rencontre était aussi inattendue que la précédente :

  • Hi, I’m Laurent, how are you doing guys ?
  • Hi, I’m Cathy.
  • I’m H@vard.
  • I’m John.
  • Nice to meet you all.
  • What are you doing in your life Laurent ?
  • I’m doing computer science in France, an internship in Milan this summer, and I’m here in London with some of my Italian friends.
  • Great, so, Cathy is studying politics here, she’s from Dublin. I am from Trondheim, I do electrical engineering, and John is from Oxford, where he does classics, even though he is here for an internship in marketing.
  • Brilliant, I’m so sorry, but what’s your name already ?
  • H@vard, yeah I know it’s tough, this is like Havard, but with a O like a @.

Je passais de groupe en groupe, je m’arrêtais, je passais mon chemin, j’allais chercher un nouveau verre. L’ambiance était démente. Lorsque j’arrivai à côté d’elle, elle me fit une place sur le canapé noir. Elle était charmante, alors je lui souris et j’acceptai sa proposition. Je lui tendis la main et nous fîmes connaissance.

  • Hi, I’m Laurent, nice to meet you.
  • Hi, I’m Camille, nice to meet you too.
  • So, how are you ?
  • A little bit tired… you ?
  • I’m fine, it’s crazy here, isn’t it ?

Nous étions à l’étroit sur le cuir du canapé, toutefois, je sentais que notre conversation nous mènerait bientôt à un “See you later then”. Je tentai alors ma chance avec un :

  • Camille, par hasard, ne serais-tu pas française ?

Auquel elle répondit par :

  • Euh… oui.

Elle semblait assez surprise. Mon doute s’était avéré. Pourtant, elle n’avait pas d’accent français, c’est pourquoi j’avais pris toutes ces précautions. Quoi qu’il en soit, après quelques minutes de discussion sur nos vies et notre vision du système scolaire français, ma boisson arriva. Je l’ignorai sciemment quelques minutes, histoire de tester sa réaction, le temps de payer l’addition et d’échanger quelques mots avec la serveuse qui, sans aucun doute, était française. Lorsque je me retournai, elle s’était dirigée vers une autre personne, et feignait de m’avoir oublié. Je ne l’intéressais pas, et je me désintéressais d’elle, je traçai mon chemin et ne la revis que pour lui souhaiter au revoir et bonne nuit.

***********

Il se trouvait que quelques temps plus tard, j’entendis parler d’elle par un de mes amis.

  • Si, si, je t’assure, une brune aux yeux marron, très charmante. Elle s’appelle Camille et elle travaille à Londres dans cette boîte là. Je pense qu’il n’y en a pas deux.
  • Hum, on verra bien. Tu penses que je peux m’incruster à cette soirée ?

Je débarquai alors à cette soirée, et mon ami ne s’était pas trompé, il s’agissait bien de la même Camille. Elle ne s’attendait vraiment pas à me voir ce soir là, et moi non plus, sauf que moi, je jouais.

  • Quelle surprise ! Que fais-tu là ?
  • C’est plutôt à moi de te demander ce que tu fais là ?
  • Ah oui, c’est vrai que tu es une habituée, quant à moi, qui suis-je ?

Je marquai un petit silence, fis un pas de côté, et notre discussion passa en aparté.

  • Je suis un ami de Thomas, je suis venu lui rendre visite quelques jours.
  • Tu connais Thomas ?! Et bien, mon cher Laurent, le monde est petit.
  • Ahhh, tu te rappelles de mon prénom ?
  • Et toi du mien je l’espère ?

Elle haussa le sourcil. Je fis semblant de chercher.

  • Hum… Camille ! Bien sûr que je m’en souviens.

Je la fixai dans les yeux, elle n’était pas troublée. Je lui proposai de prendre un verre, et nous rejoignîmes cette mini-table design. J’avais commandé un Mojito, et elle un Martini Dry. Je lui parlais depuis un petit moment, et c’est là que survint cet arrêt sur image. Je ne m’étais pas rendu compte de la chose, j’étais en train de la draguer, bien malgré moi. Pourtant, après l’épisode de Londres, j’avais laissé tomber cette idée.

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Je suis pris de panique. Je suis sûr que ça doit se voir sur mon visage. Le pire, c’est que l’arrêt sur image s’est déroulé dans mon esprit seulement. En réalité, le temps a continué à s’écouler, et elle avait continué à me parler. Je souris, j’aspire une longue gorgée de mon cocktail, et elle s’arrête de parler. Je souris encore, je lance un “tout à fait” pour gagner du temps. J’essaie de chercher dans ma mémoire immédiate ce dont elle me parlait. Je ne trouve pas, j’essaie à nouveau. Encore une fois, les lois de la physique jouent contre moi et une déformation spatio-temporelle accélère les choses.

  • Ne te sens pas obligé d’être d’accord avec moi, me dit-elle avec hésitation.

Ouf ! Je resitue les choses. Nous étions en train de dire du mal d’un mec quelconque qui essayait de la draguer. Je ne peux faire marche arrière sur mon opinion, je suis d’accord avec elle. Je présente alors ma théorie sur les méfaits de la testostérone sur les individus mâles de la race humaine.

  • Quel boulet ! Je ne sais pas si tu te rends compte.
  • Grave.

Ce boulet justement se comportait comme je l’avais fait moi-même il y a quelques temps avec une autre fille. Les filles se plaignent toujours des mecs qui n’extériorisent pas leurs sentiments, mais lorsqu’ils le font, lorsqu’ils expriment leur enthousiasme, ils passent pour les derniers des loosers. Il lui avait écrit quelques mails, il lui avait laissé quelques messages, et il l’avait appelée quelques fois (en l’espace de quelques jours, certes) : ce qu’elle aurait pu trouver super “mignon” si elle s’était éprise de lui, mais puisque ce n’était visiblement pas le cas, c’était un boulet !

  • Tu ne vas pas me dire le contraire ?
  • Pas du tout !

Et moi, pendant ce temps là, je me demande si elle ne me raconte pas cette histoire pour me faire comprendre que moi aussi je suis aussi un boulet, ou si elle ne me raconte pas cette histoire pour une autre raison (pour essayer de me draguer, par exemple) et parce que je ne suis pas un boulet.

Pendant qu’elle dit du mal de ce pauvre Mathieu, une tierce personne se profile à l’horizon. C’est un mec, et c’est clairement le genre de mec qui faisait tomber les nanas d’un seul clin d’oeil. Avant même que j’aie le temps de faire une blague sur lui pour le décrédibiliser, elle lance :

  • Oh Ben, mon chéri, je te présente Laurent.
  • Salut !

Je lui tends une main décontractée.

  • Salut Laurent, ravi de te rencontrer.
  • De même Ben, je lui réponds, bien qu’en fait, il vient de me broyer la main, comme si la virilité d’un homme se mesurait à la force avec laquelle il serrait la main de ses congénères.
  • On parlait de Mathieu.
  • Ahh, le boulet ?

Et il éclate de rire. Quant à moi, j’esquisse un sourire. À ce moment là, je me demande si Mathieu est un prétendant réel, ou si ce n’est pas un ami imaginaire. Quoi qu’il en soit, je fais acte de présence quelques instants encore, juste le temps d’apprendre qu’ils sortent ensemble depuis près d’un an et demi, avant de leur souhaiter tous mes voeux de bonheur.

Et depuis, devinez quoi ? Je suis le nouveau meilleur ami de Camille, et Mathieu existe bel et bien. C’est qui le boulet ?

Ce que veulent les hommes

August 17th, 2006

Je vois déjà tout le blogorat féminin de mon blog (il n’y a personne ?) tendre l’oreille : tout à propos des hommes ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir, vous allez le découvrir aujourd’hui. Après 21 ans d’une vie ordinaire, j’en arrive à la conclusion provisoire suivante : les garçons ne comprennent pas les filles. Et puisque je suis un disciple Shaolin, pour le Coca-Cola tout du moins (allez savoir pourquoi), je suis dans la dualité : je pense sincèrement que les filles ne comprennent rien aux garçons non plus. Alors me voici : le sauveur de l’humanité, le catalyseur de la reproduction (ahh non, ça c’est réservé à l’église, MTV, et Seb).

Je vais essayer dans les prochains billets d’écrire des petites histoires inspirées de la réalité, de ma vie, et de ma pensée. Attention donc à ne pas confondre le narrateur et l’auteur (je croirais entendre mon professeur de Français de première), même si tous deux sont humains, moyens, et totalement à côté de la plaque.

Bien, je me propose donc de commencer l’écriture du premier billet d’une longue série, si cela plaît, bien entendu.