Bonheur et compréhension

June 21st, 2009 by Laurent Tu Leave a reply »

L’homo sapiens est-il plus heureux que l’animal, celui qui n’a pas conscience de son être, de ses pensées, et surtout de ses sentiments. Par conscience, j’entends être capable d’expliquer d’où ceux-ci proviennent, les accepter, et les contrôler. Suis-je plus heureux parce que je crois me comprendre et parce que j’accepte la manière dont j’agis, ne profité-je pas pleinement de la magie du moment présent par la froideur de ma connaissance du monde, de mon esprit et de mon coeur. L’ignorance est une bénédiction. Préférerais-je être Lucky, mon chien, le chien le plus heureux du monde, ou préférerais-je être moi même, humain tourmenté ? Ou peut-être la réponse est-t-elle dans un juste milieu qui nous amènera tous à l’éveil spirituel ? (d’ailleurs, voulons nous tous atteindre cet état de conscience?)

Avis ?

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37 comments

  1. Fred says:

    "Le meilleur avec le bonheur des autres, c'est qu'on y croit" (Proust)

  2. Laurent Tu says:

    J'aime bien cette citation. Par contre, appliquée à ce que je viens de dire, Lucky ne serait pas le plus heureux des chiens ?! Oh non…

  3. nico says:

    La citation de sous-entendrait-elle pas que personne ne se sens reellement heureux ? J'aime bien aussi.

    Sinon Laurent, la froide analyse de ce que tu resens est possible pour toi, contrairement a pour Lucky, mais rien ne t'oblige a mener systematiquement cette introspection ; tu peux aussi profiter des moments heureux que tu vis en ce moment sans te poser de questions existentielles (quitte a analyser dans quelque temps lorsque tu remettras en question ta vie a Sydney ou te posera des questions sur ton futur…)

    Mieux vaut peut-etre se reserver ce traitement pour quand on se sent plus malheureux (car les reponses pourraient nous permettre de changer cela).

  4. Max says:

    On ne peut être heureux que si on le comprend, et qu'on peut se comparer à plus malheureux que soi. Mais le bonheur, c'est l'ennui (y'avait une émission sur le bonheur la semaine dernière sur la 3)

  5. nico says:

    Pas d'accord.

    - L'ennui, ca fout le cafard. Quand tu rentres chez toi apres le taff, que y'a rien a la tele et personne online, c'est deprimant. Au contraire, quand je prevois tellement de trucs dans un week-end qu'a la fin j'ai pas fait la vaisselle pendant 3 jours, ben au moins je me sens bien / heureux.

    - Sur la comprehension : pas forcement d'accord non plus. Le bonheur, c'est un resenti, c'est pas une (in)equation. La comparaison, je sais pas ce que ca vaut non plus. Par nature humaine, si on se compare, on va avoir tendance a trouver l'herbe plus verte chez le voisin…

  6. Louis says:

    C'est aussi un état d'esprit être heureux.

    Par exemple, je ne comprends pas les gents qui n'arrêtent pas de se plaindre, et qui ne sont jamais content.

  7. Max says:

    Ce que je voulais dire, c'est que le bonheur conduit à l'ennui (et non l'inverse) ; quand on est heureux, on se dit "et après ?", et par comparaison avec son état actuel, on n'est plus heureux. C'est comme pour le périple, on ne fait pas chambéry nice tous les ans, chaque année on cherche si ce n'est mieux, tout du moins autre chose.

    C'est un peu pareil pour notre catégorie sociale : on a toujours envie de faire mieux que nos parents, ce n'est pas agréable de rétrograder dans le confort. Untel peut être blasé de son agreg de maths, et un autre peut voir ça comme le rêve de sa vie.

    Je pense qu'on n'est heureux que dans la surenchère du plaisir ; je pense d'ailleurs que c'est pour ça qu'on dit qu'un bon pays est un pays en croissance, et que la recession est synonyme de catastrophe pour plein de gens.

  8. Chris says:

    Le bonheur est surtout un mot valise englobant des états mentaux très divers. Essayer de disserter sur le bonheur, c'est effacer les particularités de chaque processus, et donc soit se limiter à des banalités, soit se permettre d'affirmer des choses contradictoire et pourtant également justes.

    Et ça devient pire quand on essaie d'étendre le concept à des animaux. Je pense qu'on pourrait poster pendant des années sans aboutir à une once de conclusion intéressante.

    J'aurais bien catalogué les divers types de bonheur afin de préciser la discussion, mais j'ai la flemme.

    En ce qui concerne l'éveil spirituel, loin de moi cette idée.

    • Max says:

      "Essayer de disserter sur le bonheur, c'est effacer les particularités de chaque processus, et donc soit se limiter à des banalités, soit se permettre d'affirmer des choses contradictoire et pourtant également justes."

      Ta disjonction des cas ne me parait pas exhaustive. On peut bien parler du bonheur, et mettre en avant des contradictions intéressantes, notamment que le bonheur idéal est éternel, alors que dans les faits le bonheur prolongé contribue à l'ennui. Cette vision se rapporte très bien à l'enjeu de la vie en couple, et les questions qu'on se posent : relation stable ou pas, craindre la monotonie ou pas, etc…

      • Chris says:

        Ma disjonction des cas n'est peut-être pas exhaustive, mais ton exemple appartient à ma deuxième catégorie "affirmer des choses contradictoire+s et pourtant également justes".

        Le problème est artificiel, et découle du fait que le même mot bonheur est utilisé afin de représenter des choses différentes. Dans ce cas, le langage, mal utilisé, obscurcit la pensée plutôt que de la servir. Les contradictions soulevées sont amusantes, peut-être, mais je ne les trouve pas intellectuellement stimulantes, car l'emploi des bons mots les fait disparaître aussi vite qu'elles sont apparues.

        Enfin, je suppose, je n'ai pas vraiment réfléchi la question.

        • Max says:

          Je ne pense pas que ce soit une histoire de vocabulaire (ce serait quoi alors les bons mots ?). Mais dans une société où la notion du bonheur est assez formatée, ces contradictions amènent à se poser les bonnes questions dans le but d'être heureux (qui est, je trouve, un bon but dans la vie)

  9. nico says:

    Ok pour le premier point Max, mais tu ne reponds pas à l'autre. Pour moi le bonheur trop analysé devient artificiel. Faire mieux que ses parents, …, comme tu dis, est très subjectif, et dépend de chacun. A celui ci je privilégie des "instants volés", comme s'allonger dans l'herbe au sommet d'un col gravi à la force des molets, le vent séchant la sueur, en observant les innombrables cyclistes dans les épingles en contrebas. Un peu la madeleine de Proust version sport & nature si tu veux…

  10. Max says:

    Oui bien sûr, mais ce n'est pas le bonheur qu'on essaie de nous vendre dans les journaux, comme le bonheur matériel.

  11. nico says:

    Alors, n'achète pas le journal.

  12. Max says:

    Je parle pas de moi

  13. Laurent says:

    "J'aimerais bien que toutes les personnes réunies dans ce cercle nous parlent de leur conception du bonheur, la personne à ma gauche commence, c'est toi Max. Qu'est ce que le bonheur pour toi ? Faire mieux que tes parents ? Le bonheur matériel ?"

  14. Louis says:

    Pour moi, c'est faire des choses qui me plaisent. Genre chagadir, c'était le bonheur. La même chose, mais sans contrainte temporelle, ça serait encore mieux.

  15. Max says:

    Je pense qu'il faut différencier le local du global : être heureux globalement, c'est avoir un bon niveau social (égal ou meilleur que ses parents), un métier qui nous plait, une vie sentimentale qui nous plait, des activités qui nous plaisent, etc…

    Après, localement, il faut voir pourquoi chacune de ces choses nous rend heureux ; est-ce qu'en faisant des périples tous les étés, on va pas se lasser un jour ?

    • Louis says:

      Ca dépend des destinations. Il n'y a pas que le fait de faire un périple qui est important, il y a aussi le fait de voyager. Donc tant que tu ne fais quelque chose de différent chaque année, pas de problème !

      D'ailleurs, bonne idée ! Pas con d'organiser un truc tous les ans.

      • nico says:

        Ben oui bonne idee, d'ailleurs y'en a un cette annee, mais ce qui est dur c'est aussi de rassembler les gens qui sont aux 4 coins du monde et bossent…

  16. Laurent says:

    Ben tiens ! Aller, tous les ans. Je me dis juste que chagadir sans limite de temps, ce serait de l'ennui, voire un suplice…

    Pour moi, etre heureux, c'est etre en accord avec soi meme, se comprendre, et savoir profiter de tous les petits moments de la vie.

    Je suis assez intrigué par le niveau social de Max, égal ou meilleur que ses parents… Je ne classe pas ça du tout dans une idée de bonheur… Pour faire une analogie foireuse, c'est comme si l'amour ne pouvait se concevoir qu'avec une personne de niveau social équivalent ou inférieur… (après, Chris nous dira que l'amour, ce n'est que la force de la nature)

    • Louis says:

      Pourquoi un supplice ? Tu fais vraiment ce que tu veux. Quand tu veux te poser à un endroit qui te plaît, tu ne te poses pas de question, tu t'arrêtes, et tu profites.
      Je ne parles pas de périple illimité dans le temps. Quand tu as atteint ta destination, ou quand tu en as eu assez, tu rentres.

    • nico says:

      +1 sur le fait que max a dit un truc bizarre. D'ailleurs vous faites un beau couple de profs fils de profs, congrats…

    • Max says:

      Je comprends pas pourquoi la personne devrait avoir un niveau équialent ou inferieur

      • Laurent Tu says:

        Correction : je dirais plutot à peu près égal.

        Pour singer ce que tu viens de dire. Disons que tu es médecin, que t'habites dans une belle maison, et que tu vas tout le temps en vacances, que tu vas au théatre, à l'opéra et que tu tes amis sont tous médecins, et qu'ils parlent tous de théatre, d'opéra et de vacances. Si ensuite tu sors avec une fille qui est ouvrière à la chaine dans une usine de jambon à la campagne, qu'elle n'a pas le temps de partir en vacances, et qu'elle vit dans un studio de 20m2, ben je ne pense pas que vous puissiez avoir une relation romantique.

        Maintenant, ce que je viens d'écrire est assez réaliste. Mais est-ce la conception de l'amour que tu as ?

  17. Max says:

    Ce que je veux dire, c'est que le niveau de vie a toute son importance dans le bonheur, et qu'il est relatif. Si t'es habitué à un certain confort, t'as pas envie de le perdre. Prenons un exemple :

    Disons que tes parents sont medecins, que t'habitais dans une belle maison, et qu'ils t'emmenaient tout le temps en vacances, que t'allais au théatre, à l'opéra, etc… Si ensuite tu deviens ouvrier à la chaine dans une usine de jambon à la campagne, que t'as pas assez de sous pour partir en vacances, que t'habites dans un studio de 20m², ben je pense pas que tu sois heureux de ta vie.

  18. Fred says:

    C'est bien l'exemple de la relativité du bonheur : ceux qui ne craignent pas de perdre leur niveau social, d'être "déclassé", ne considère pas celui-ci comme faisant partie du bonheur.

  19. Max says:

    déclasséS
    considèrENT
    L'émotion était trop forte…;)

  20. Fred says:

    Oui, non c'était bien de moi en fait le dernier commentaire, j'ai oublié de changer le nom…Désolé pour le pourrissage, Laurent, tu pourras remettre de l'ordre et rectifier les fautes stp?

  21. Laurent Tu says:

    Fred et Max, arretez d'utiliser le meme ordinateur, c'est comme une brosse à dents, ça ne se prete pas. Sinon, je ne sais pas comment accéder au système de commentaire, t'inquiète pas, on sait que c'est l'émotion.

  22. nico says:

    Laurent change son ordinateur tous les 2 mois ; comme sa brosse a dent.

  23. Louis says:

    Ouai, ça me fait penser qu'il faudait que je le change le mien aussi. 5 ans, ça fait beaucoup.

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