Archive for June, 2009

Bonheur et compréhension

June 21st, 2009

L’homo sapiens est-il plus heureux que l’animal, celui qui n’a pas conscience de son être, de ses pensées, et surtout de ses sentiments. Par conscience, j’entends être capable d’expliquer d’où ceux-ci proviennent, les accepter, et les contrôler. Suis-je plus heureux parce que je crois me comprendre et parce que j’accepte la manière dont j’agis, ne profité-je pas pleinement de la magie du moment présent par la froideur de ma connaissance du monde, de mon esprit et de mon coeur. L’ignorance est une bénédiction. Préférerais-je être Lucky, mon chien, le chien le plus heureux du monde, ou préférerais-je être moi même, humain tourmenté ? Ou peut-être la réponse est-t-elle dans un juste milieu qui nous amènera tous à l’éveil spirituel ? (d’ailleurs, voulons nous tous atteindre cet état de conscience?)

Avis ?

Nous sommes tous humains

June 8th, 2009

Hier, je suis monté dans un bus avec une bande de mioches insupportables. Ces mioches étaient chinois. A coté de moi étaient trois français, un mec, deux nanas, mon age. Je n’espionne pas leur conversation, mais je les entends. Ils sont partout ces chinois, dit la brune. Oui, ils sont partout, il y en a surement plus à Sydney qu’il y a d’australiens, dit la blonde. Oui, cela sera surement vrai dans quelques années, dit le mec. C’est comme les mouches, ça pullue, dit la blonde.

Alors je tourne la tete et je lui dis : “J’espère que c’est de l’humour”. Je m’arrete, elle pouffe, s’excuse, s’enfonce : “Non, mais on a plein d’amis chinois”. Peut-etre. Alors, je lui dis “Ce n’est pas grave, je fais ce genre de remarque parfois moi aussi, mais prends garde, les gens autour de toi pourraient comprendre”. Je m’arrete, elle pouffe. “Une bonne claque de temps en temps, ça remet les idées en place”, lui dis-je, avec ma tete de chinois, en français, habillé en sk8ter de 14 ans. Je m’abstiens de faire un commentaire sur les mouches et leur signification dans les dessins de Plantu. Elle a honte, elle met ses lunettes noires alors que le soleil s’est déjà couché. Elle descend au prochain arret, le mec me souhaite une bonne soirée, je leurs souhaite de meme, et peut-etre de bonnes vacances.

Cet épisode m’a particulièrement touché puisque je suis français, d’origine chinoise, et que je vis à Sydney. Est ce que je reproche à cette jeune fille d’etre raciste, est ce que je lui reproche d’avoir répété une phrase qu’elle a entendu ailleurs sans réfléchir à son sens, je ne sais pas. Je sais seulement que je rencontre ce genre de situation tous les jours. Moi meme je fais des remarques à caractère désobligeant envers les homosexuels, meme si “j’ai beaucoup d’amis homosexuels” (en fait, une seule amie à ma connaissance). Je fréquente des chinois(es) à l’élitisme exacerbé qui font exactement le meme genre de remarque envers les non-chinois / non-asiatiques. Je connais, je serre la main, et je souris à bon nombre de français qui font exactement le meme genre de remarques envers les arabes. Suis-je lache ? Devrais-je m’offusquer à chaque fois que j’entends une remarque de ce genre ? Surement. Cela m’attriste, nous sommes tous humains, nous sommes tous faibles, mais nous oublions trop souvent que nous sommes tous semblables.

Langage, pensées, et analyses du langage

June 8th, 2009

Lorsque j’étais petit, je parlais chinois. Puis je suis allé à l’école, et j’ai appris le français, et j’étais super fort en grammaire (esprit analytique, ou alors analyse parrallèle français / chinois). Aujourd’hui, je parle surtout anglais, et je fais très attention au sens des mots et des phrases que j’emploie. J’ai conscience que ma langue forte est le français, malgré cela, j’ai envie de tirer la conclusion suivante : plus la langue que j’emploie m’est étrangère, plus j’en pousse l’analyse pour rationaliser le sens des mots et des phrases que j’emploie. Est-ce du au fait que je ne pense pas dans la meme langue que celle dans laquelle je m’exprime ? Pourtant, j’ai l’impression de penser en anglais lorsque je parle anglais.

Est ce que ma pensée est plus limitée lorsque je pense en anglais ? C’est surement vrai lorsque j’essaie d’exprimer des éléments qui touchent à ma sensibilité. Par exemple, il m’est possible de capturer la poésie d’un moment en français, par contre, je ne suis pas capable de le faire en anglais. Qu’en est il lorsqu’il s’agit de science ? Est ce que penser en anglais est un désavantage lorsque je raisonne ingénierie ? Je ne sais pas. C’est peut-etre meme un avantage puisque je questionne toutes les phrases, tous les mots en me demandant “est ce que je comprends vraiment ce que cela veut dire”. Ou alors, est-ce seulement un désavantage puisque mon cerveau détecte automatiquement les choses que je ne comprends pas lorsque je discute en français…

Bref, tant de questions qui me venaient à l’esprit alors que je lisais cet article sur les actes de langage sur Wikipedia (qui est selon moi un des joyaux de notre internet – hors sujet je sais), assis dans mon canapé rouge, en train de contempler un coucher de soleil d’hiver depuis la fenetre de mon salon à Sydney.