Le par coeur à l’heure du web

December 3rd, 2008 by Laurent Tu Leave a reply »

Dans la catégorie “Un gros bordel”, écriture spontanée, pas de corrections, pas de censure du flot de pensée.

Ah, dans le temps, on apprenait tout par coeur, et on était bien meilleur. Combien de fois avons-nous entendu dire cela ? Combien de fois nous sommes-nous entendu dire cela, ou quelque chose de semblable ? Pour être honnête, je pense que je ne dis pas souvent ce genre de choses.

J’ai toujours été, depuis ma plus tendre jeunesse, un opposant au “par coeur”, au “à la con”, au “recracher ce qu’on a appris”… Petit, je détestais les poésies. Plus grand, je détestais faire 5 fois le même exercice. Et plus grand encore, je détestais faire semblant de faire des dissertations en histoire.

On en vient donc à l’histoire-géo, pour être honnête encore une fois, je n’ai jamais brilé en histoire-géo dans les grandes classes, j’ai eu des bonnes notes, c’est tout. Sauf au bac, j’ai eu 7. La matière me semblait tellement douloureuse : on devait commencer par apprendre par coeur des dates, des noms, des villes (par exemple, replacer toutes les villes de Russie sur une carte blanche, ouais !!), puis on avait un sujet ou on devait faire semblant de réfléchir sur un sujet qu’on avait appris par coeur (ça consistait à replacer les pièces d’un puzzle 1D).

Les partisans de la tradition me diront : il est obligatoire d’apprendre ce genre de choses aux jeunes, au risque d’avoir des incultes, des illettrés ! Suis-je un inculte ? Suis-je un illettré ? Je ne crois pas, et pourtant, j’oubliais tout ce que j’avais appris à la sortie du DS. D’autres me diront : le puzzle était en 2D, et je dois dire : oui, voire plus. Mais même, pour avoir 16, il suffisait de rester en 1D.

La période de ma scolarité où j’étais le meilleur, et où je pense que j’étais noté à ma valeur, c’était sûrement en école d’ingénieur. Pourquoi ? Parce qu’on avait le droit au poly, et parce que les partiels, le plus souvent, n’étaient pas bachotables.

Aujourd’hui encore, au taff, j’ai le droit au poly (internet), ce n’est pas bachotable (les problèmes sont originaux), et je pense que je m’en sors plutôt pas mal. Je pense aussi que c’est ce que l’on attend de moi.

Si ce que l’on attend d’un ingénieur (ou de toute autre personne exerçant une profession demandant de la réflexion), pourquoi ne forme-t-on pas les enfants à cela, plutôt que de leur faire apprendre des trucs par coeur ?

Certains me diront qu’on a, entre autre, formé mon esprit analytique à l’école, et qu’apprendre à réfléchir, en prenant un niveau d’abstraction supérieur, c’est aussi apprendre quelque chose par coeur. Je suis d’accord. Cependant, je ne réfléchis pas toujours comme on me l’a appris à l’école. Et vous pouvez le remarquer dans cette série de billet où je suis plutôt bordélique.

Je dis donc : mort au par coeur, privilégions la réflexion. Je dis : à l’heure du web, les enfants peuvent trouver l’information sur Internet.

Ca pue un peu comme billet, mais bon, c’est dans la catégorie “Un gros bordel”, je pe permets donc de publier. Et vous pourrez rebondir plus facilement.

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30 comments

  1. nico says:

    Hum…

    “Si ce que l’on attend d’un ingénieur (ou de toute autre personne exerçant une profession demandant de la réflexion), pourquoi ne forme-t-on pas les enfants à cela”

    –> Ben justement, tous les enfants ne deviennent pas ingenieur. Comme tu le faisais justement remarquer, ca fonctionne comme ca en ecole, la ou on forme des ingenieurs. Jusque la tout va bien. Maintenant replonge toi dans les petites classes ou tu apprenais des poemes, ou meme en term ou tu n’apprenais pas tes cartes de geo et regarde ce que sont devenus tes ex petits camarades: on remarquera j’en suis sur qu’a 90% que ceux qui ont un metier ont un metier ou on ne leur demande pas de reflechir, mais peut etre au contraire de retenir des methodes toutes faites par coeur.

    Le boulanger et ses recettes, l’ouvrier et son geste quotidien, la dactylo qui sait se servir de word empiriquement, la caissiere qui connait le code de chaque article du magasin mais ne sait pas le deduire du code barre, le facteur qui connait toutes les adresses de la ville…

  2. Chris says:

    Mon pire souvenir d’apprentissage par cœur, ce sont les tables de multiplication.

  3. Louis says:

    Dans une conversation, tu vas dire “attends 2secs, je cherche l’info sur Internet” ?
    Ou alors tu vas préparer à l’avance chacune de tes conversations sur des thèmes non triviaux ?

  4. cr0vax says:

    Pas du tout d’accord avec toi. Si tu apprends par coeur ce qui est immuable (pays d’europe, table de multiplication, etc. etc.) tu sauras cela en tout temps et de façon nettement plus rapide.

    Si les processeurs ont des caches alors qu’ils ont accès à la Ram, il y a une raison.

  5. Laurent Tu says:

    - Louigi, je ne t’ai pas dit d’arrêter de retenir des trucs non plus, pour reprendre la métaphore de cr0vax, ça ne sert à rien de mettre en cache les capitales du monde. C’est un truc à mettre sur on dd, à toi après d’avoir de la bande passante pour l’accès. Je dirais plutôt que dans la vie de tous les jours, tu apprends des nouveaux trucs, ça finit dans les fichiers temporaires de ton cerveau, et tu sauras les retrouver dans une conversation. Sinon, sujet de conversation non triviaux != géographie pour moi.
    - cr0vax, pour reprendre la métaphore encore une fois, il y a différents niveaux de mémoire de travail avec des capacités croissantes et des temps d’accès décroissants (cache, ram, dd, cloud). D’un point de vue informatique, je dis que tout ne va pas dans dans le cache / la ram, et que l’initialisation fainéante (lazy initialization), c’est de la balle (d’autant plus que les temps d’accès au cloud diminuent)… Pareil pour le cerveau. Sinon, les pays d’Europe, ça va sur le DD ou sur le cloud pour moi. Les tables de multiplication, ça ne sert à rien, c’est comme si tu avais un set d’instruction complet pour la 3D sur ton processeur principal alors que tu as une carte graphique (je ne sais pas combien font 7×8, et je le vis très bien, ça ne m’empêche pas de faire mon travail).
    - Nico, ouais je suis d’accord avec toi. J’avais la flemme de reprendre ce point.

  6. cr0vax says:

    Tout dépend de ce que tu fais et de qui tu fréquentes mon vieux. Quand tu pond des algos hautement mathématiques, que tu te relis et que tu fais tourner à la main, t’as intérêt à savoir compter de tête et vite, donc à connaître tes tables par coeur. etc. etc.

    Et comme à l’école primaire on ne sait pas ce que tu deviendras on t’incitais à l’époque à apprendre par coeur tout ce qui est immuable comme savoir, et je trouve que c’est loin d’être idiot. Cela constitue ce qu’on appelle le socle commun et ça permet d’avoir moins d’idiot en France, car honnêtement, tout le monde ne va pas sur Wikipédia se renseigner sur Mayotte quand on en parle à la TV (oui la plupart des gens ignorent que Mayotte est un DOM TOM). Maintenant toutça doit être associer à l’apprentissage de l’apprentissage (savoir chercher les infos, savori réfléchir, etc.)

  7. Laurent Tu says:

    - Chacun sa méthode pour écrire du code, je vérifie le résultat final, et pour ce qui est du flot du code (ce que t’essaies de vérifier en faisant tourner à la main je pense), je me sers des expressions littérales. Bon, après, ça fait 2 ans que je n’ai pas écrit de code “mathématiques”. On peut demander à Endive s’il fait tourner à la main.
    - D’accord avec toi sur le point qu’ils ne savaient pas que j’allais devenir ingénieur en primaire. Cela rejoint le point de Nico.
    - Pour ce qui est du socle commun, je suis aussi d’accord avec toi que c’est important. Par contre, selon moi, ça ne devrait pas passer par un apprentissage par coeur. Comme je disais à Louis, on retient beaucoup de choses sans pour autant devoir les apprendre par coeur.
    - Après, est ce que le par coeur travaille la mémoire, sûrement…
    - Sinon, pour ce qui est d’aller chercher des infos, savoir réfléchir, etc… On arrive à un niveau d’abstraction supérieur, plutôt méta comme on dit par chez nous. Je pense que c’est ce qu’il faut qu’on apprenne aux jeunes à l’école. Apprendre à {apprendre, réfléchir, chercher des infos}, c’est aussi une forme d’apprentissage. Mais ce n’est pas du par coeur.

  8. max says:

    Eh bien moi, je pense que tu te trompes complètement.

    Ce que tu dis est du déjà entendu, c’est assez typique d’une idéologie de la communauté “scientifique” qui, fière de savoir construire du savoir, des théorèmes, des trucs cool, à partir de rien si ce n’est leur logique et leur “intelligence”, prétend que l’apprentissage par cœur c’est pour les bovins qui ne savent pas réfléchir, juste emmagasiner des connaissances : à l’ancienne, comme tu dis.

    Ce que j’en dis, c’est que la mémoire est aussi importante que ce “niveau d’abstraction supérieur” que tu prétends avoir (mwhahaha), pour au moins deux raisons. La première, c’est qu’il faut bien un socle de connaissance sur lequel s’appuiera ton abstraction supérieure et tes raisonnements. Un monde des idées disjoint des expériences, Platon y croyait mais pas moi. En mathématiques, tu ne peux guère faire des trucs évolués si tu n’utilises pas des gros théorèmes qui ont été conçus pour ça. C’est comme si tu voulais construire un barrage edf avec tes petites mains. Deuxièmement, il faut voir que l’apprentissage par coeur requiert et stimule ton “abstraction supérieure”. A part chez certains autistes, tu ne peux pas retenir, par exemple toute l’histoire de la guerre de 14, si tu n’as pas tressé autour des faits la logique qui les a créés.

    Apprendre par cœur quelque chose, c’est le meilleur moyen de se l’approprier. Si on t’a fait apprendre des poésies, ce n’était pas que pour faire travailler ton disque dur cérébral (normalement). Mais c’est une première étape pour pouvoir comprendre l’œuvre, la vivre, l’avoir en toi. Suppose qu’un coucher de soleil t’émmerveille. Aimerais-tu avoir besoin systématiquement d’une photographie, d’un film pour pouvoir revivre ces sentiments ? C’est aussi vrai pour une musique… c’est quand même mieux de pouvoir la chantonner dans sa tête que de devoir attendre qu’elle repasse à la radio pour en jouir ; je ne parle pas de deezer, où il te faudrait te souvenir du nom de la chanson pour la réécouter.

    Le savoir, c’est aussi de l’intelligence. Plus t’en sais, et plus t’es capable d’en assimiler d’autre. Par exemple,c’est plus facile de retenir une date historique quand tu sais ce qui s’est passé avant et après. Tu fais une différence entre “apprendre par cœur” et “retenir” alors qu’il y en a pas. La seule différence, c’est qu’avec le temps tu retiens plus vite, parce que tu as un plus grand background dans lequel tu vas insérer ta nouvelle connaissance, et ainsi tu n’as plus l’impression “d’apprendre par cœur”.

    Après, libre à toi de limiter tes connaissances au strict minimum requis pour ton job. Ce n’est pas parce que certains ingénieurs peuvent être incultes et bien faire leur travail d’ingénieur, que tu dois l’être aussi. Mais si tu veux tenir une conversation avec en permanence ton laptop branché sur wikipedia en parallèle, c’est aussi ton choix…

  9. Laurent Tu says:

    - J’ai dit “on se place à un niveau d’abstraction de l’apprentissage supérieur”, je n’ai pas dit “j’ai un niveau d’abstraction supérieur” (d’ailleurs, je dis que ce n’est pas forcément naturel, comme on peut le voir dans le flot d’idée de cette série de billets). J’aimerais bien que tu m’expliques ton “mwhahahaha”.
    - Je suis d’accord avec toi que je n’ai pas le “raisonnement infus” (par analogie à la science infuse), je n’ai pas tout reconstruit à partir des axiomes. Et tous les jours, je me sers de connaissances pré-existantes. Savoir que ces connaissances existent, ou se les être appropriées, c’est différent du par coeur, pour moi (je définirai plus tard ce qu’est le par coeur dont je parlais).
    - Bien sûr, nous employons des moyens mnémotechniques, comme l’enchainement logique par exemple (puisque c’est ce dont tu parles), pour retenir des choses. (Cependant, ce n’est pas ce que j’entendais par “niveau d’abstraction supérieur”). De toutes façons, même s’il faut avoir compris l’histoire pour pouvoir l’apprendre “par coeur” (ton par coeur), il faut quand même apprendre les dates… (par exemple). Je n’ai jamais dit d’arrêter d’enseigner l’histoire. J’ai seulement dit : arrêtons d’enseigner l’histoire de manière débile où une partie de l’évaluation consiste à connaître des trucs par coeur. “Racontons l’histoire aux enfants”, s’ils ont envie de savoir à quelle date a été signé le traité de Vichy, ils iront voir sur Internet. Ce n’est pas pour autant qu’ils ne comprendront pas pourquoi l’histoire s’est déroulée ainsi, ce n’est pas pour autant qu’ils ne comprendront pas le contexte de ce traité.
    - As tu besoin de connaître une poésie par coeur pour te l’approprier ? Je dis non. As tu besoin de connaître un théorème par coeur pour te l’approprier ? Je dis non aussi. Je vais traiter de ce cas là. Il suffit selon moi de le comprendre : comprendre la démonstration, comprendre les implications (le “but”/”contexte” du théorème), à partir de là, on peut le retrouver en 2 secondes sur le papier lorsqu’on en a besoin parce que “l’intuition” nous le dit. L’intuition, c’est le moment où tu te dis : tiens, j’ai besoin de ce théorème pour résoudre ce problème.
    - Pour ce qui est de pouvoir apprécier un coucher de soleil ou n’importe quoi d’une manière générale, il serait bien triste que j’aie besoin de connaître quelque chose par coeur s’y rapportant (encore plus triste que d’avoir un film / une photographie).
    - Je n’ai dit à aucun moment, ou alors je l’ai mal dit, ou tu m’as mal compris (j’ai la flemme de me relire), que nous pouvons vivre dans un monde de logique, dans un monde où l’on reconstruirait tout from scratch. Je dis qu’il faut connaître certaines choses, “les avoir retenues”, sans pour autant les connaître par coeur.
    - Je fais la distinction entre “par coeur”, où il s’agit de l’exercice bête ou méchant où on te demande de restituer à la virgule/décimale près, et savoir que quelque chose existe et l’avoir comprise. Savoir que quelque chose existe et/ou l’avoir comprise, c’est ce que j’appelle le background, et je suis sûr que tu es d’accord avec moi. Est ce que tu connais tous les théorèmes dont tu te sers par coeur ? Non, je suis sûr que tu vas chercher dans des livres.
    - Pour finir, je trouve que tu n’as pas été très honnête dans la discussion, tu as déformé ce que j’ai dit, “privilégions la réflexion” en “seule la réflexion est nécessaire, aucune forme de connaissance n’est requise”. “[...] tenir une conversation avec en permanence ton laptop branché sur wikipedia en parallèle” est un exemple flagrant : on est d’accord que lorsque j’ai lu un truc sur wikipedia, je m’en rappelle, même si ce n’est pas exactement, hein ?
    - Ce qui est plus bête encore de ta part (dis moi si je me trompe), c’est que tu te places complètement à l’opposé où tu dis que tu connais tout par coeur (sans en avoir “l’impresssion”). Je pense qu’on est tous les deux d’accord pour dire que la vérité se place sûrement “au milieu”, et je rajoute “plus de mon côté que du tien” (le côté où tu dis que tu connais tout par coeur). Pour te donner un exemple pour te montrer que tu ne connais pas tout par coeur, tu te sers de l’enchaînement logique pour retenir, et tu n’es pas capable de sortir le 5ème vers d’un poème quelconque que tu aurais appris par coeur.

  10. Endive says:

    hum je dois dire que je suis d’accord avec Laurent puisque je comprends ce qu’il veut dire. Par apprentissage par coeur, Laurent entend ‘brute force bourrinage’. C’est quand t’es en ecole primaire et que le prof te demande d’apprendre une poesie par coeur. Au final la poesie n’est qu’une suite de mots sans sens que tu as memorise parce que le prof t’as force. Le lendemain, t’es incapable de t’en rappeler parce que ca avait aucun sens pour toi, ca servait a rien. C’est comme 99% des dates que t’apprends en histoire, ca sert strictement a rien, tu oublies tout 15 secondes apres le bac. Connaitre une chronologie approximative de l’histoire, savoir replacer les evenements en relatif par rapports a des faits majeurs, c’est utile. Connaitre tout ce qui s’est passe le 24 fevrier 1937, c’est debile. J’ai meme envie d’aller plus loin; les choses qui te sont utiles, tu les memorises automatiquement “par coeur”. Quand tu dois bachoter qq chose qui te sert a rien pour le recracher plus tard, c’est du par coeur debile. Et c’est ce genre de par coeur debile que Laurent denonce.

    Enfin, je sais pas ce que c’est le trip sur les tables de multiplications. Ca m’a pas traumatise contrairement aux putains de poesies de merde.

  11. Chris says:

    C’est pas un trip, c’est juste que ca m’a marque, c’est un fait, c’est tout.

    Ca, et la liste des villes chinoises qu’un prof de 5eme nous avait fait apprendre. Je me rappelle encore des 3 premieres.

  12. max says:

    C’est sûr que si tu définis le “par cœur ” comme l’apprentissage mécanique, inutile et bourrin, le par cœur dont tu parles devient qqch à éviter. Mais alors, ton billet devient non pertinent. L’apprentissage bête et méchant, c’est mal : ok.

    Cette différence de définition fait que tu me fais dire des non sens, comme pour le coucher de soleil.

    Après, je suis pas convaincu qu’on puisse se passer de l’étape “bourrinage” quand on est petit. C’est comme les fondations d’une maison, c’est moche mais c’est utile par la suite. Comme les tables de multiplication par ex, qui devraient être sues par tous, même depuis que la calculatrice existe. Pour les dates, je pense que c’est justement en apprenant quelques dates par cœur que tu peux “connaitre une chronologie approximative de l’histoire”, surtout quand tu pars de rien.

    Au fait, je ne dis pas que je connais tout par cœur. Pour un théorème, souvent il suffit de connaitre son existence pour être utile, mais quand tu l’utilises plusieurs fois par jours, mieux vaut l’avoir mémorisé plutôt que d’aller le rechercher 15 fois dans le livre. Mais, moi qui ai longtemps été convaincu que la mémorisation c’est de la merde, parce que j’aimais pas (et n’arrivais pas bien à) apprendre mes leçons d’histoire, mon vocabulaire d’allemand, et bien aujourd’hui je pense qu’il est beaucoup plus intelligent d’avoir un certain nombre d’éléments clés en mémoire pour être opérationnel dans n’importe quel domaine (maths : ah, je sais qu’il existe ça, mais je me rappelle plus son nom, ni comment il s’applique ; musique : je connais une musique qui illustre bien ceci, attends je me rappelle plus de qui c’est, de quand c’est, quelle est la mélodie… ; culture g : ce mec a fait une grande découverte, c’est quoi déjà ?

    Je finis mon intervention par citation :

    “nous employons des moyens mnémotechniques, comme l’enchainement logique par exemple (puisque c’est ce dont tu parles)”>

    Je ne parlais pas vraiment de ça, parce que souvent un moyen mnémotechnique c’est une association d’idée déjà en mémoire, d’un autre sujet, qui te fait mémoriser ledit sujet. Ca n’a rien à voir avec l’enchaînement logique des choses.

    “arrêtons d’enseigner l’histoire de manière débile où une partie de l’évaluation consiste à connaître des trucs par coeur”>

    Je n’ai jamais eu d’enseignement de l’histoire débile, c’était souvent raconté sous forme intéressante, et non d’un annuaire ou un catalogue de faits. Pour l’évaluation, il faut bien vérifier que t’as retenu quelque chose, et dans des classes petites on ne peut pas te demander des réflexions de ouf. Tu remarqueras qu’au bac, ils donnaient toutes les dates, y’avait rien de fou à savoir par cœur (à part les villes du Japon). Mais est-ce mal de savoir placer des endroits importants sur une carte ? Peut être que Sarah Pallin aurait été moins conne si elle avait eu les mêmes cours d’histoire géo que nous…

    ““les avoir retenues”, sans pour autant les connaître par coeur” >

    C’est pour moi une absurdité de vocabulaire.

    “je trouve que tu n’as pas été très honnête”>

    Toujours ce problème de vocabulaire. J’ai une vue du “par cœur” plus générale que toi, et qui d’ailleurs donne du sens à ton billet.

    “tu n’es pas capable de sortir le 5ème vers d’un poème quelconque que tu aurais appris par cœur”

    Apprendre par cœur un poème, c’est pas savoir le réécrire à l’envers. Un musicien soliste joue toujours par cœur, parce que de toute façon il ne peut prétendre savoir bien la jouer s’il n’a pas intégré l’œuvre en lui même, compris et digérée. Pour autant, si tu lui dis “joue la 17ème mesure”, il en sera probablement incapable. C’est ce qui fait la différence entre l’apprentissage d’un homme et celui d’une machine. L’un demande de l’intelligence, l’autre non.

  13. max says:

    Au fait, tu entends quoi par “esprit analytique”?

  14. Laurent Tu says:

    Ouais, bon, je te répondrai quand j’aurai pondu un système de commentaire/annotation pour mon blog, ça s’appellera commennotation.

  15. Endive says:

    Ca serait bien aussi si on pouvait sauter des lignes.

    Tu peux aussi inclure directement un moteur Latex qu’on puisse mettre des equations dans nos commentaires.

  16. Adeline says:

    Merci Max !
    Qui vous oblige à apprendre tout et n’importe quoi ? Nous sommes encore en république, et il me semble que nous pouvons encore choisir ce que nous voulons retenir. Ce que vous concevez comme du bourrage de crâne dans vos expériences scolaires : n’est-ce pas parce que vous ne l’avez pas compris, ou que vous n’avez pas su vous l’approprier pour en extraire ce qui pourrait vous servir ? Peut-être que cela vous servira un jour : peut-être le dernier ? ;)
    En dehors de l’importance de stimuler et entretenir la mémoire (contre Alzheimer) comme le rappelle la communauté scientifique dont vous vous réclamez, le langage (ce merveilleux moyen qui nous permet de tenir ici ce débat) s’acquière par la mémorisation d’associations de sons (mots) et de choses (le monde)… Dans le cas des poésies : et le plaisir pour une fois, d’avoir dans la tête de belles expressions, de goûter les mots pour leur matérialité : le son, la forme, et de revenir à l’essence de la langue qui est la vôtre bien malgré vous ? Enfin, comme dans l’art, peut-être que le sens de certaines choses ne se dévoile qu’avec le temps, que le sens se construit au fil de l’expérience et que la signification qu’on leur donne peut changer pendant toute une vie ?
    Au plaisir de la révélation.

  17. Endive says:

    mouais, bof.

  18. Laurent Tu says:

    Je dois avouer que le billet, c’était déjà un peu du n’imp, mais là ça devient le mondial du n’imp.

  19. max says:

    Quand Laurent se fait réfuter, rien ne va plus.

  20. Laurent Tu says:

    Et c’est pour ça que je ne m’engage pas dans un dialogue débile où “par coeur” devient “connaissance”.

  21. max says:

    Alors merci pour ce beau billet où “par cœur ” devient “être idiot”

  22. Endive says:

    Ben le processus d’apprentissage par coeur est un truc d’abruti. C’est ce que laurent veut dire. Le fait de connaître des choses n’implique pas necessairement se poser et de les réciter dans sa tête jusqu’à etre capable de les repondre à la virgule près. Quand tu fais des maths, tu lis une fois le theorème, puis la demo et c’est memorisé, si tu as compris ce que tu lis. Tu as pas besoin de relire 300 fois le theorème avant de t’en rappeler ou alors c’est que tu es débile.

    Peut etre à l’école devraient ils insister d’avantage sur : il est important de comprendre ce que l’on fait (ex : j’apprends à lire : m + a = ma) plutot que de bourriner des connaissances (apprendre à écrire le francais comme on apprendrait à ecrire le chinois). Le bourrage de crane fonctionne pour les gens qui ont un Qi de 24. Tu prends un enfant qui a fait une connerie, et tu lui fais recopier 1000 lignes “Je ne dois pas cracher par terre” en esperant lui bourrer l’idée dans le crane, c’est con. Par contre, si tu lui fais nettoyer et que tu lui expliques pourquoi il ne faut pas cracher, alors il va comprendre ET mémoriser.

    Peut etre laurent et moi sommes differents. Peut etre sommes nous des surhommes qui arrivent à retenir des choses sans le processus bourrin d’apprentissage par coeur. Oui. Peut etre.

  23. Endive says:

    Ca va devenir un gros bordel ton blog. Fais directement un forum…

  24. max says:

    Certes, on est bien d’accord qu’il y a des méthodes plus ou moins efficaces et bourrines pour acquérir des connaissances. Mais par sélection naturelle, force est de constater que c’est celui qui bourrine le moins qui en sait le plus. Et c’est un cercle vertueux.

    Pour ce qui est de l’enfance, il me parait difficile a posteriori d’affirmer ce que l’on était capable d’apprendre sans bourriner. Je pense à des listes de vocabulaire d’anglais, par exemple. Moi qui ne pratique pas l’anglais, si j’arrive encore à comprendre un texte dans cette langue c’est juste avec les restes du vocabulaire que j’ai appris par cœur au collège. Si je lis un théorème qui met en jeu un anneau noéthérien, c’est parce que j’ai appris la définition un jour dans ma vie que je ne perdrai pas 10 min à retrouver la définition dans un livre et remontrer les propriétés de base (ce qui ne veut pas dire qu’elles sont faciles à montrer).

    Après, je suis d’accord que l’école n’est pas parfaite, et qu’on nous a peut être fait apprendre des choses de façon débile alors qu’on aurait pu mieux faire. Mais à partir du moment qu’on est pas en cours particulier, on ne peut pas trouver une méthode parfaite pour chacun.

  25. max says:

    C'est déjà une grosse connerie…

  26. nico says:

    C'est deja un gros bordel aussi dans ce sens là

  27. Endive says:

    Non mais c'est vrai, on voit rien des nouveaux commentaires. Il faut que laurent trouve une autre solution.

  28. Laurent Tu says:

    Sort by last activity.

    Le truc c'est que là on est dans un billet avec des commentaires existants, donc c'est normal que ça parte en couilles. Il devrait y avoir plus de bénéfices que d'inconvénients dans les nouveaux billets.

  29. pikodemo says:

    J'ai finalement décidé d'installer IntenseDebates. On ne peut pas commenter inline, mais ça a l'avantage d'être tout fait.

  30. Laurent Tu says:

    On peut désormais sauter des lignes, bien qu'il n'y ait pas de moteur LaTeX intégré.

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