Archive for December, 2008

Seconde intercalaire

December 31st, 2008

Pendant que nous nous préparons tous au réveillon dans cette atmosphère magique propre aux fêtes de fin d’année, il se passe des événements des plus graves touchant au temps.

Ce 31 décembre 2008, une seconde après 23h59, il sera 23h60, après quoi il sera le 1er janvier 2009 à 0h00.

Pour que le temps universel coordonné (UTC), basé sur des horloges atomiques extrêmes, ne s’éloigne pas du temps universel basé sur la position de la Terre par rapport aux étoiles (surtout au Soleil je pense), il faut rajouter une seconde, la leap second.

Peut-être que tous les systèmes informatiques buggueront à ce moment, peut-être pas. Peut-être que le monde en 2009 sera un monde sans internet, sans facebook, sans jeux vidéos, un monde de paix et d’amour.

Fachion et victimisation

December 15th, 2008

Un gros bordel : sans censure du flot de pensée, sans correction, écriture spontanée…

Cela fait trois mois que je n’ai pas utilisé de shampoing, non pas que je ne me suis pas lavé les cheveux, masi plutôt que je me suis lavé les cheuveux au savon. Lorsque je suis arrivé en Australie, j’étais trop pauvre, alors j’utilisais le même savon pour me laver le coprs, les cheveux, et me brosser les dents. Depuis, je suis moins pauvre, mais j’ai eu la flemme et la réticence d’acheter du shampoing à 15$, pourtant, j’ai le poil toujours aussi brillant (comme Lucky quand il mange des croquettes au mouton).

Est ce que j’ai des pellicules ? Est ce que mes cheveux sont sales ? Est ce que mon poil pourrait mieux se porter ? Non. Vous tous qui utilisez du shampoing, vous êtes des victimes. (Surtout les filles qui utilisent du shampoing érotique Herbal Essences, en plus de victimisation, c’est de la masturbation sous la douche).

Et pourtant, il fut un temps, certains d’entres vous me disaient que j’étais une fashion victim. Oui, j’étais une fashion victim, surtout par rapport à mon niveau de revenu. Aujourd’hui, j’ai des pépètes (même si c’est pas vrai parce que le dollar australien est au niveau du rouble en ce moment), et je ne suis plus une fashion victim : je m’habille comme une grosse merde. Je privilégie le confort et l’économat. Cela ne veut pas dire pour autant que je ne sais plus m’habiller. Je considère que j’ai toujours bon goût.

D’où cela vient-il ? Est ce que mes séjours à Milan et Londres ont exacerbé mon sens de la mode, sans doute. Est ce que mon voyage à vélo, et l’esprit relax australien ont changé tout cela, sans doute aussi.

D’une manière générale, nous sommes tous victimes de la société. Même ceux d’entre nous qui se disent “à l’écart” / “indépendant vis à vis” de la société sont des grosses victimes. “Je ne mange pas bio, mais je mange sain”. Ce phénomène où tout ce que l’on mange doit être sain est un phénomène de mode selon moi : au bon vieux temps, on kiffait les steaks bleus cuits dans du beurre, bordés d’une bonne assiette de frites (frites dans le beurre de préférence) avec de la mayonnaise fait maison, et une bonne pinte de bière. Aujourd’hui, on mange de la roquette avec un filet d’huile d’olive, de vinaigre balsamique, avec une demi tomate cerise, trois sashimis, et un verre de San Pelegrino.

Qui ose me dire qu’il/elle n’est pas une victime de la société, que je lui prouve le contraire ?

Je me rends compte que j’ai encore écrit de la grosse merde, mais bon, le format gros bordel me l’autorise. A vos commentaires, réactions, offusquations, exceptions java, citations de Montagine, déformations de mes propos par redéfinition de la langue française, tout vous est permis chers lecteurs.

Ma première fois

December 13th, 2008

La première fois que je l’ai monté, j’étais brusque, maladroit. Je ne savais le contenir, je ne savais le diriger. Alors, j’ai forcé. Il faut dire que le lieu n’était pas parfaitement choisi non plus. Nous étions sans cesse dérangés par les lumières, par les automobilistes. Mais je voulais sortir des sentiers battus. Au bout d’un certain temps, je commençais à prendre plaisir à cette expérience nouvelle. Les premiers gestes hésitants se transformaient en une danse effrénée où nous puisions au plus profond de nous même. Malgré mon manque de pratique récent, j’ai su durer, j’ai su prendre du plaisir. Cependant, pas assez à mon goût. Je ferai mieux la prochaine fois.

J’ai acheté un vélo de course en Australie. Voilà. Ca va vraiment à balle dans les parties roulantes. Et le braquet est bueno (même si je pense qu’il y a moyen de butter en montée). Par contre, je n’ai fait que 50km, puisque la route à base de feux rouges tous les 500m se transformait en nationale sans bas côté où les gens ne peuvent pas faire d’écart pour m’éviter. On m’avait dit d’aller au parc faire des boucles de 3km, parce que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire dans le coin, je n’y avais pas cru. La prochaine fois, je prendrai le train pour sotir de la ville.

Pour anecdote, je me suis semi-paumé en rentrant. J’étais sur une nationale, je roulais à balle. Je vois un premier panneau “Clearance 5 meters”. Puis je vois un deuxième panneau : “Tunel ahead”. Je tourne la tête, y’a des voitures qui arrivent derrière moi, et il n’y a pas de bas côté. Je vois un troisième panneau : “Cars and cyclists, share the road”. Et j’ai dit merde, j’ai foncé. J’avais rempli mon quota de truc con pour la journée, j’ai pas pris le pont payant un peu après.

Null

December 10th, 2008

Je crie : j’ai besoin d’une muse.
Je me tourne, je scrute, je ne te vois pas.
On me pousse, on te désigne, je t’accoste.
Je plonge dans ton âme, rien.
Rien ne m’apparaît, l’ennui me guette déjà.
Je fais un effort, tu ne comprends pas.
Je soupire, de mauvaise foi, je te souris.
Rien.

Productivité

December 7th, 2008

Qui est productif ? Pas moi. En tous cas, pas moi quand je ne me force pas. Je fais partie des gens qui sont distraits par tout et n’importe quoi. Je fais aussi partie des gens qui cherchent la distraction.

Cependant, il y a quelques exceptions : lorsque je suis concentré, lorsque je suis intéressé, ou lorsque je suis sous pression. Je me demande d’ailleurs si la concentration n’est pas le résultat de l’intéressement et de la pression plutôt qu’un état dans lequel je serais intrinsèquement productif. D’ailleurs, je viens de me rendre compte que concentré s’opposait à distrait… (je me félicite).

Je voudrais donc vous faire partager quelques astuces de productivité, ou plutôt vous donnerai-je les miennes, et vous compléterez avec les vôtres. Lorsque l’on travaille toute la journée sur un ordinateur, voici mes astuces :

  • Ne laissez pas votre mail perso ouvert pendant la journée, utilisez le à des moments convenus de la journée (matin, après la pause déjeuner, goûter, par exemple).
  • Ne lisez les news qu’à des moments convenus de la journée. Les nouvelles technologies nous submergent d’information, il y a des techniques de filtrage, j’en parlerai dans un autre billet.
  • N’utilisez pas Facebook. Ne lisez pas le live feed de Facebook.
  • Plus généralement, tout ce qui n’a pas attrait à votre travail ne devrait pas être utilisé, sauf à des moments convenus de la journée.
  • Mettez de la musique avec un casque seulement si les gens autour de vous vous empêchent de vous concentrer. Personnellement, la musique me déconcentre, puisque j’ai plutôt tendance à l’écouter, il y a donc un point critique avant lequel il ne faut pas mettre de musique. Aussi, je privilégie la musique sans parole, la musique pas trop élaborée, et des oeuvres que je connais déjà. Lorsque je découvre, mon attention est portée sur la musique.
  • Filtrez vos mails, si vous en recevez 200 par jours, ne lisez que les mails de votre équipe, et le mails qui vous sont directement adressés (par exemple).

Bien sûr, tout cela est théorique.

Prise de conscience

December 5th, 2008

J’en ai pleinement conscience en ce moment même, dans 6 mois, je serai père.

Et non, je plaisante (et toc, je vous ai eus). Je voudrais vous parler aujourd’hui de la pleine conscience (mindfulness). Je suis allé à un talk sur l’utilisation de la pleine conscience pour le traitement du stress aujourd’hui.

Pour ceux qui ne sauraient pas ce que c’est la pleine conscience, moi non plus, le talk était en anglais. Je vais quand même de vous expliquer avec mes petits mots : la pleine conscience, c’est ce qui est défini sur Wikipedia ici, en particulier, c’est avoir “conscience de ses propre pensées, actions et motivations” (et je rajoute de son body).

Pratiquer la pleine conscience, bien avant de mener à l’éveil (bouddhique), aurait des vertus thérapeutiques qui permettraient, entre autre, de se libérer du stress. Pour reprendre les mots de notre conférencière Belinda Khong, il s’agit de répondre au lieu de réagir,  il s’agit d’avoir du remord au lieu de culpabiliser, il s’agit de comprendre soi-même, son environnement, et l’interaction de soi avec le monde extérieur.

Vous y croyez ? Moi j’y crois. Je me considère comme une personne plutôt peu stressée. Pourquoi ? Parce que j’ai confiance en moi, et que mon rapport à l’environnement s’en suit beaucoup plus harmonieux. Lorsque je suis moins sûr de moi, je fais un effort pour accepter mes faiblesses, et d’une manière générale, cela me permet d’avoir un rapport harmonieux aux choses aussi. Plus encore, depuis que je me fais vieux, je joue à l’exercice de l’introspection, et c’est pour moi un exercice de pleine conscience de mon esprit.

Peut-être suis-je un peu vague, mais je vais vous donner un exemple. Lorsque j’ai effectué mon périple en vélo et que j’avais plein de temps pour laisser vagabonder mon esprit, je me forçais aussi à diriger une analyse de moi même, de mes actions, sentiments et motivations passés. C’est un exercice plutôt difficile puisqu’il demande d’être très honnête avec soi même, et de s’accepter comme une personne différente de sa personne idéale. Cependant, je dois avouer que certaines des séances ont été très fructueuses et m’ont permises de vivre beaucoup plus sereinement.

C’est un exercice difficile et qui prend du temps. Je déplore mon manque de temps et de motivation pour conduire cet exercice régulièrement. Mon ami William, qui ne me lit sûrement pas, me disait : “j’essaie tous les soirs de me repasser dans la tête mes actions du jour, et de les analyser [d'un point de vue moral, si je me souviens bien de la conversation]“. L’exercice que faisait William était très semblable au mien, et je pense qu’il faut prêter attention au “j’essaie”, qui signifie que l’on oublie parfois, voire souvent.

Suis-je encore trop jeune et fou pour faire cet exercice tous les jours ? Je ne sais pas. Je considère cependant que cet exercice est important. C’est pour cela parfois que je me dis que ce ne serait pas si mal si je devenais moine. Cele me permettrait d’avoir le temps de pratiquer ce genre d’exercice. Toutefois, je redoute l’austérité de cette vie. Même si je sais que le confort n’est pas synonyme de bonheur, je sais l’apprécier, pour avoir vécu 3 mois sans toit.

PS : Et je me rends compte que je n’ai pas véritablement donné d’exemple d’analyse. Je vais être un tout petit peu plus précis, tout en restant flou, j’ai par exemple analysé mon rapport aux gens avec qui je me suis mal comporté dans le passé, ou plus récemment, mon rapport à la choppe…

Le par coeur à l’heure du web

December 3rd, 2008

Dans la catégorie “Un gros bordel”, écriture spontanée, pas de corrections, pas de censure du flot de pensée.

Ah, dans le temps, on apprenait tout par coeur, et on était bien meilleur. Combien de fois avons-nous entendu dire cela ? Combien de fois nous sommes-nous entendu dire cela, ou quelque chose de semblable ? Pour être honnête, je pense que je ne dis pas souvent ce genre de choses.

J’ai toujours été, depuis ma plus tendre jeunesse, un opposant au “par coeur”, au “à la con”, au “recracher ce qu’on a appris”… Petit, je détestais les poésies. Plus grand, je détestais faire 5 fois le même exercice. Et plus grand encore, je détestais faire semblant de faire des dissertations en histoire.

On en vient donc à l’histoire-géo, pour être honnête encore une fois, je n’ai jamais brilé en histoire-géo dans les grandes classes, j’ai eu des bonnes notes, c’est tout. Sauf au bac, j’ai eu 7. La matière me semblait tellement douloureuse : on devait commencer par apprendre par coeur des dates, des noms, des villes (par exemple, replacer toutes les villes de Russie sur une carte blanche, ouais !!), puis on avait un sujet ou on devait faire semblant de réfléchir sur un sujet qu’on avait appris par coeur (ça consistait à replacer les pièces d’un puzzle 1D).

Les partisans de la tradition me diront : il est obligatoire d’apprendre ce genre de choses aux jeunes, au risque d’avoir des incultes, des illettrés ! Suis-je un inculte ? Suis-je un illettré ? Je ne crois pas, et pourtant, j’oubliais tout ce que j’avais appris à la sortie du DS. D’autres me diront : le puzzle était en 2D, et je dois dire : oui, voire plus. Mais même, pour avoir 16, il suffisait de rester en 1D.

La période de ma scolarité où j’étais le meilleur, et où je pense que j’étais noté à ma valeur, c’était sûrement en école d’ingénieur. Pourquoi ? Parce qu’on avait le droit au poly, et parce que les partiels, le plus souvent, n’étaient pas bachotables.

Aujourd’hui encore, au taff, j’ai le droit au poly (internet), ce n’est pas bachotable (les problèmes sont originaux), et je pense que je m’en sors plutôt pas mal. Je pense aussi que c’est ce que l’on attend de moi.

Si ce que l’on attend d’un ingénieur (ou de toute autre personne exerçant une profession demandant de la réflexion), pourquoi ne forme-t-on pas les enfants à cela, plutôt que de leur faire apprendre des trucs par coeur ?

Certains me diront qu’on a, entre autre, formé mon esprit analytique à l’école, et qu’apprendre à réfléchir, en prenant un niveau d’abstraction supérieur, c’est aussi apprendre quelque chose par coeur. Je suis d’accord. Cependant, je ne réfléchis pas toujours comme on me l’a appris à l’école. Et vous pouvez le remarquer dans cette série de billet où je suis plutôt bordélique.

Je dis donc : mort au par coeur, privilégions la réflexion. Je dis : à l’heure du web, les enfants peuvent trouver l’information sur Internet.

Ca pue un peu comme billet, mais bon, c’est dans la catégorie “Un gros bordel”, je pe permets donc de publier. Et vous pourrez rebondir plus facilement.