Archive for January, 2008

Le parpaing

January 11th, 2008

of_mice_and_men.jpg “Mon père était tellement de gauche, que quand est tombé le mur de Berlin, il est parti chez Casto pour acheter des parpaings”. Mon père n’est pas de gauche, mais un parpaing, ça peut toujours servir.

Retour en arrière, c’était il y a quelques jours. Je me préparais un petit burger, et comme à chaque fois, j’avais tué la cuisine. Par respect pour mes collocs, ils n’aiment pas trop sentir le steak haché, j’avais fermé la porte de la cuisine, et ouvert le porte-fenêtre qui donnait sur le jardin. Un de mes collocs courageux rentra : “Laurent, fais gaffe si tu fais à manger, j’ai vu une souris sur le plan de travail l’autre jour”.

Avant-hier soir, en rentrant, je remarque une planche adhésive avec du chocolat dans un coin de la cuisine, c’est sûrement pour la souris, me disais-je. Et je ne m’étais pas trompé. Le lendemain matin, effectivement, je voyais une souris scotchée à la planche adhésive, la pauvre bête voulait aller chercher le carreau de chocolat. Cependant, cela ne m’empêche pas de petit-déjeuner : un grand bol de céréales complètes avec un peu de lait. Le lait était froid, bien sûr, chaud, je ne supporte pas son odeur. Je commence en même temps la lecture de Lunar Park avec ses allusions aux boucheries d’American Psycho. Je jette un dernier coup d’oeil à la souris avant de partir, elle est sûrement morte, mon colloc respo piège sera aussi respo poubelle.

La journée passe, je travaille, puis je remplis mes dossiers pour l’année prochaine. En rentrant le soir, je passe devant le Best Mangal et juste avant sa fermeture, je choppe un kebab aux brochettes d’agneaux cuites à la braise. Miam miam yummy ! J’ouvre la porte de chez moi, monte à l’étage poser le kebab dans ma chambre, puis je passe à la cuisine chercher un verre d’eau. Et bizarrement, ça sent le chien. Comprenez en fait que ça sent la mort. “Putain, mais c’est la souris, elle est toujours là, ça empeste”. Je prends un verre d’eau et m’empresse de monter dans ma chambre profiter de mon kebab.

Je feuillette quelques pages de Lunar Park tout en mangeant, et lorsque j’arrive à la fin du sandwich, qui coïncide avec la fin de mon verre d’eau, j’ai les papilles en feu, l’employé du kebab a fait du zèle lorsque je lui ai dit “a lil’ bit of chili”. Redescendre chercher un verre d’eau ne me plaisait pas. Je n’avais pas envie de gâcher le plaisir du kebab. Je décidai donc de manger le dernier chocolat de Noël. Et ça n’a pas marché.

Je redescends à la cuisine chercher un verre d’eau, j’ai toujours la bouche en feu, mais ça s’est calmé. Inhibé du dégoût de l’odeur par les épices qui lacéraient ma langue, je décide de me sacrifier : je vais débarrasser la cuisine de l’odeur fétide qui l’habite. Je me fabrique des gants en sac plastique, et me baisse pour prendre la planche adhésive. Je me rends alors compte, bien qu’en apnée, que la bestiole bouge encore. Je replie la planche, vois qu’il y a des instructions, mais ne réussis pas à me contraindre à les lire. Je mets la planche repliée dans un autre sac plastique, et emmène tout ce beau monde dans le jardin.

J’aurais pu me contenter de mettre le petit paquet à la poubelle.

Mais je me suis dit que même la souris aurait préféré une mort nette plutôt qu’une longue souffrance, agonisant entre deux pans de la planche adhésive. Le problème, c’est que dans mon jardin, à part mon vélo, il n’y avait pas grand chose. J’élimine la possibilité d’un bunny-up sur la souris. Je fais un tour sur moi même, et scrute la pénombre pour enfin apercevoir un parpaing !

Je le saisis, et le pose lourdement sur la planche adhésive repliée. Le choc est mou. “Putain, fait chier, si ça se trouve elle n’est pas morte”. Pour en finir, je monte sur le parpaing, et à ma grande surprise, celui ci était en équilibre sur un objet mou non identifié. L’objet mou était aussi tiède, c’était le corps de la bestiole qui refroidissait. N’écoutant que mon courage, je fais un petit saut sur le parpaing. Paix à son âme.

Je remonte dans ma chambre avec le sentiment de travail accompli. A peine je franchis le pas de porte, que ça sent le kébab.

Comment la logique a-t-elle interféré avec mes capacités de cognition ?

January 9th, 2008

aristote.jpg Je ne suis plus sûr d’avoir déjà écrit un billet à ce sujet, donc j’en réécris un, en espérant que vous ayez oublié le précédent si ce dernier est un doublon. Je voudrais aujourd’hui parler du raisonnement logique. Si vous êtes plutôt littéraire, pensez Aristote et ses syllogismes, et si vous êtes plutôt scientifique, pensez raisonnement automatique.

Pour être plus précis et garder les choses simples, prenons par exemple ces propositions que l’on vous a inculquées au lycée :

  • si A implique B, et B implique C, alors par transitivité, A implique C
  • si A implique B, alors non B implique non A
  • si A implique B et B implique A, alors A est équivalent à B.

Figurez vous que dès lors qu’on me parlait de ces règles, pendant quelques semaines, mon cerveau faisait un blocage lorsqu’il s’agissait de prouver des théorèmes en mathématiques. Mon cerveau fonctionnait très bien à la base, et les idées de preuve germaient dans mon esprit de manière spontanée. Dès lors que l’on me parlait de ces règles, que je comprenais, j’essayais de prouver les théorèmes de manière “générative” : je transformais mes hypothèses et mes conclusions en propositions (A, B et C dans mes exemples) et j’essayais par application d’un ensemble de règles (par exemple les trois règles énumérées si dessus) de trouver un cheminement, à partir des propositions des hypothèses jusqu’aux propositions des conclusions. Autant vous dire que j’étais sous performant pendant ces périodes là.

Je me dis aujourd’hui que j’étais bien stupide, et que finalement j’utilisais un ensemble de techniques de raisonnement (la logique propositionnelle) pour prouver des théorèmes par dessus les techniques de raisonnement naturelles de mon cerveau. Plus encore, cette théorie de raisonnement est, plus qu’autre chose, censée modéliser les processus de nos cerveaux, sans pour autant en atteindre la puissance. Sans compter que, dans les petites classes, on se restreint à la logique propositionnelle. Bien sûr, je ne dis pas que les techniques de raisonnement naturelles de mon cerveau de s’exprimaient pas lors de la recherche du cheminement des hypothèses aux conclusions, cependant, mettre une couche en plus dans le raisonnement ralentit les choses, sans compter que cette couche peut ne pas représenter complètement le problème. Par exemple, essayez de résoudre un sudoku en remplaçant les chiffres de 0 à 9 par les mots suivants : chou-fleur, esquimaux, brocoli, skier, encore, si, il, le, Laurent et leurs. C’est difficile, mais éventuellement, vous deviendrez plus rapide avec le temps.

Lorsque je disais qu’en général, les idées me venaient spontanément à l’esprit, je mentais. Aujourd’hui, je me rends compte par introspection que j’utilise beaucoup de représentations dans mon esprit, soient-elles visuelles, ou autres, et que j’arrive souvent à isoler le lien entre les hypothèses et les conclusions en utilisant une représentation, ou plusieurs représentations du problème simultanément. Est ce que je me trompe encore une fois ? Je dirais oui.

Je me rends compte que ce billet n’est pas écrit très rigoureusement. Vous, et Christophe en particulier, me pardonnerez je l’espère. Si vous êtes intéressés par formuler les idées plus clairement, libre à vous. A vos commentaires !

Comment rencontrerai-je ma promise ?

January 4th, 2008

Une question a soulevé un mini-débat dans les commentaires de mon dernier billet, je profite de l’occasion pour bloguer. Si l’on conçoit que chaque être humain sur cette planète possède sa propre âme sœur, comment la reconnaître ?

dante.jpg La première question, plutôt philosophique, qui se pose, est : existe-t-il une âme sœur ? En grattant un peu : l’Amour existe-t-il. J’aurais tendance à répondre non, la flèche de Cupidon n’a pas percé ma cuirasse depuis bien des années. Toutefois, lorsque je regarde autour de moi, je vois des couples fiancés, des couples mariés, et des amis qui ne tarderont pas à se fiancer, avant de se marier, et engendrer une progéniture bruyante. J’admets qu’à ce niveau de sacrifice (la progéniture bruyante) l’amour doit exister dans ce bas monde.

Une autre manière de formuler, en termes mathématiques, est que le compagnon ou la compagne idéal n’existe pas, et la seule chose que l’on peut trouver est un individu qui possède le maximum (local) d’une somme pondérée des critères attrayants, ou repoussants, dans l’ensemble des personnes par qui l’on est potentiellement intéressé. Je ne prends pas en compte que l’individu en face, lui aussi, doit être intéressé, vous étendrez vous même cette formulation mathématique.

Comment reconnaître cette personne ? Si l’on me balançait dans un groupe de 50 jeunes filles par lesquelles je serais potentiellement attiré, en sachant que le groupe contient une jeune fille avec laquelle je m’entendrais particulièrement bien, mieux qu’avec les autres, et avec qui l’interaction charnelle serait particulièrement intense, plus intense qu’avec les autres, serais-je capable de reconnaître cette fille ? Puis-je compter sur le coup de foudre ? Puis-je compter sur mon sixième sens ? Puis-je compter sur mon intuition ? Je réponds positivement.

L’autre école de pensée est que l’on ne être amoureux avant de sortir avec une personne. J’ai comme envie de dire que cela est équivalent à : même si tu n’es pas intéressé par cette personne, commence une relation avec lui/elle, et tu verras bien si ça s’améliore. Et je dis : si ça ne marche pas au début, ça ne risque pas de marcher dans 15 ans.

Bonne année 2008

January 1st, 2008

reveillon.jpg Chers lecteurs,

Je vous souhaite à tous une très bonne année 2008. Vous avez tous mes voeux de santé, de bonheur, et de réussite. Puisque je n’ai rempli que très peu des objectifs que je m’étais fixés l’année dernière à la même date, je vais garder ma liste de résolutions secrète cette année, ainsi aura-t-elle plus de chances de se réaliser.

Toutefois, s’il fallait faire un bilan, j’ai survécu à mon année à Londres, et je m’y plais. Bières, pubs et mini-jupes, que peut-on demander de plus ? Des sous pour les bières, les pubs, et les mini-jupes peut-être ? Je me suis aussi rendu compte que je n’étais pas comme Boris Grishenko (Golden Eye), invincible.

Je vais quand même divulguer quelques uns de mes objectifs pour l’année à venir : avoir la même moustache que sur la photo, et devenir maître du temps dans Fort Boyard.

Bien à vous,
Laurent