Archive for March, 2007

20 ans à l’école

March 17th, 2007

Voilà, c’est fini. Tout à l’heure, j’ai franchi le seuil de la porte. C’était mon dernier cours à Imperial, et mon dernier cours dans un cursus scolaire, qui, finalement aura duré plus de 20 ans. Bien sûr, j’ai encore des examens, un projet, et peut être qu’un jour, si je fais un PhD en Amérique du Nord, je reviendrai dans les amphis. Je n’ai pas pleuré.

Je suis arrivé en retard dans ce cours, je n’y étais pas allé depuis deux semaines, je ne comprenais donc rien, j’ai essayé de lire le poly pour rattraper mon retard, mais je n’y suis pas arrivé. Alors, quand le prof a changé de chapitre, j’ai essayé de l’écouter, malheureusement, je me suis endormi malgré moi, il y a 40 minutes de flou où je ne me rappelle de rien. Par contre, pour éviter de manquer de respect au prof, je ne me suis pas fait magnétiser sur la table. Seulement, je me suis mis dans la position “confort-tu-dors/t”. Cela est-il représentatif de ma scolarité ?

Je me rappelle qu’en petite section déjà, je ne comprenais pas ce qu’il se passait en cours, on était dans une grande salle, et je me revois chanter tout d’un coup “Escargot, Léo, Léo, Léo”. Cela est sûrement dû au fait que je ne captais rien en français, l’institutrice voulait me faire redoubler, et mes parents ont décidé de me mettre dans le privé. Puis je me souviens de ces deux scènes : l’inscription tout d’abord, où mes parents me demandent si je voulais manger à la cantine, ne sachant pas ce que c’était, j’ai répondu oui. Puis, je me souviens d’un des tous premiers jours dans cette nouvelle école, je franchis le portail vert en retard, et les enfants qui jouent dans la cour ne me parlent pas. Un seul garçon me tend la main, Loïc, qui deviendra mon meilleur ami, et le restera jusqu’à la fin de la primaire.

Je me rappelle aussi des séances de coloriage et de découpage, où je me demandais pourquoi ils étaient tous débiles et qu’ils ne pouvaient pas colorier à l’intérieur des lignes, ou découper sur les lignes. Je me rappelle aussi de ces séances de jeux éducatifs en CP où ceux qui complétaient une série entière d’une activité (type tangram) obtenaient un diplôme. Je n’ai jamais eu de diplôme, à chaque fois que j’essayais de compléter une série, il manquait un pièce. Le monde était contre moi. C’est seulement en CE2 que l’institutrice, Mme Espagnol, qui quantifiait le nombre d’exercices qu’on faisait, me sortit de l’ombre : j’avais eu 18 points bleus (soit 18 exercices excellents) cette semaine là. J’ai pulvérisé tous mes petits camarades. J’ai régné sans partage sur la majoration de ma classe jusqu’à la fin du CM2.

Au collège, il n’y a pas eu de classement, mais je n’ai plus jamais été premier de ma classe. D’ailleurs, je n’ai plus majoré grand chose par la suite, sauf ponctuellement bien sûr. Le rythme du collège était vraiment super lent, puisqu’il ne permettait pas à ceux qui allaient vite de progresser à leur vitesse, alors qu’en primaire, j’avais le droit de faire des exos supplémentaires. J’ai aussi découvert qu’il y avait des matières où j’étais moins bon, alors, je m’en suis désintéressé.

Le lycée se déroula pareillement au collège. Les exercices que l’on faisait étaient débiles, le cours allait lentement, et comme d’hab, l’on pouvait connaître l’issue de l’exercices avant même d’avoir fini de lire l’énoncé. J’avais compris depuis longtemps que je n’avais pas besoin de faire des efforts sur-humains pour avoir 17.

La prépa fut différente. Ma première année se déroula plutôt bien, sans travailler sérieusement, en lisant mes cours à l’arrache, je m’en suis toujours sorti. Mais c’était sans honneur. La deuxième année, j’ai eu 3 en Physique une fois, j’ai fait les DS de maths faciles tout le long de l’année, j’ai rendu 0 DM non obligatoire, j’ai fait 1 exercice de maths et de physique par quinzaine, et je pensais que je tenais le niveau de mes camarades qui avaient des meilleures notes que moi, qui faisaient des DS durs, et qui avaient même des notes meilleures que moi en khôlle. Bien sûr, je passais la plus grande partie de mon temps à faire de la merde sur mon ordinateur. Lorsque mes parents ont payé les 500 euros de facture de concours et lorsqu’ils m’ont dit “on espère que tu as bien étudié”, j’ai pris conscience de la réalité : j’avais un retard considérable sur mes camarades, je ne connaissais pas mes cours de sup, et je ne connaissais pas mes cours de spé. J’ai donc pris cher jusqu’aux concours : j’ai appris tous mes cours de la sup à la spé. Par contre, je n’ai pas eu le temps de faire des exercices. Comment cela s’est-il déroulé ? Plutôt bien, puisque si je n’ai pas eu Télécom Paris (de loin), j’ai eu l’Ensimag.

L’Ensimag, c’était comme geeker chez moi sur son ordinateur, sauf que c’était à l’école. Autant dire que c’était cool, que j’ai rien branlé en info parce que je connaissais beaucoup de trucs d’avant (de mes heures libre de lycée et de prépa), et que je me suis ramassé en maths pures. J’ai découvert les probas et les stats, c’était cool, mais je n’étais pas assez bon, donc je me suis barré. Imperial, c’est comme l’imag, sauf que c’est en anglais, plus facile, parfois en Prolog, donc chiant, et que les élèves sont stressés du cul. Je n’ai jamais autant fait sécher les cours de ma vie.

Affaire à suivre.