Différencier le rêve de la réalité n’est pas chose aisée. Ma théorie est que lorsque vous êtes en train de rêver, votre esprit n’est pas très critique. Cependant, il est possible de reconnaître le rêve lorsque les décors changent (ex: vous êtes en train debout en train de parler à une personne, et une seconde plus tard, vous êtes chez vous en train de prendre une douche), ou lorsque les situations ne sont pas très logiques (ex: vous vous attendez à ce que la situation s’explique par une raison normalement logique, mais en fait, c’est l’oncle de l’éléphant qui a fait un tour de magie qui fait que la maison a fait un backflip, avant de se transformer en hippopotame).
L’esprit entraîné sait reconnaître le rêve, et l’arrêter lorsque cela ne lui plaît pas. Ma technique est simple : j’ouvre les yeux, et je retrouve la réalité après un battement de quelques secondes. Le problème est aussi que lorsque je sais que je suis dans un rêve, et que le rêve est agréable (eg un rêve érotique), je vais l’arrêter par mégarde aussi.
Hier soir, cependant, j’ai expérimenté une situation bien étrange. Vous pouvez vous reporter au schéma ci dessous pour suivre l’histoire.
- Dans un premier temps (1), je faisais un rêve pas très agréable. Je me suis rendu compte que la logique de la situation me dépassait, j’étais donc dans une situation de rêve.
- J’ai essayé d’ouvrir les yeux pour revenir à la réalité. Je l’ai fait, j’ai vu une raie jaune verticale (2), c’était la porte de ma chambre.
- Mais j’étais trop fatigué, donc je me suis rendormi (comme quand vous êtes en cours), et je me suis replongé dans mon rêve (1).
- Vu que je suis un homme de volonté, je me suis fait violence, et je me suis reréveillé, et j’ai encore vu cette raie jaune (2). Après quelques calculs de probabilités (”est ce que cette situation est plausible”) je me suis dit : non, c’est encore un rêve, la raie jaune est plus grande que la porte.
- Je me force donc à ouvrir les yeux, et je me retrouve dans ma chambre à Garden Hall (3), avec une porte coupe feu “Fire door, please keep shut” (presque aussi fameuse que le “Mind the gap”). Je me dis : enfin éveillé, tout va bien. Le problème, c’est que je me rends compte que je suis à poil, et qu’il n’y a pas de sas coupe feu dans ma chambre à imperial. Qui plus est, quand je me suis endormi, j’étais en France, à La Motte Servolex.
- Je fais encore l’effort d’ouvrir les yeux, et me voilà dans une pièce toute de parquet et de lambris (4), je reconnais une chambre d’une de mes colocataires milanaises. Et là, je me dis, c’est un rêve. Je décide donc d’en profiter pour faire plier le monde à ma volonté. Je claque des doigts, les filles arrivent les unes après les autres,
et me voici dans un rêve érotique sur mesure assez sympatoche
Franchement, je n’ai jamais eu de rêve lucide aussi contrôlé. - Le problème, c’est que je me suis réveillé un petit moment plus tard, dans ma chambre à La Motte Servolex. Cette fois ci, c’était bel et bien la réalité, dommage.
Qu’en conclure ? Est-il réellement nécessaire d’avoir un cheminement ainsi pour s’éveiller à la lucidité dans son monde onirique ? Les paliers de réveils n’étaient-ils pas simplement des décors/situations qui changeaient, plutôt que des rêves dans des rêves ? Ce sont des questions ouvertes auxquelles, je vous invite, chers lecteurs, à répondre en partageant vos expériences.
PS : Le rêve lucide, pour moi, c’est un rêve dans lequel on a conscience que l’on rêve, mais ce n’est pas pour autant qu’on le contrôle : c’est ce qui m’arrive le plus souvent. Le rêve lucide contrôlé, c’est le rêve où l’on a conscience que l’on rêve, et où l’on contrôle ce qui s’y passe.
