Archive for October, 2006

Corsica Arts Club

October 21st, 2006

Hier soir, au Corsica Arts Club,

J’ai flâné dans des stands de propagande paienne.
Je me suis laissé porter par un intense duo de guitare sèche et de paroles rapées.
J’ai été transcendé par une AMV sur une bande sonore live violon et violoncelle.
J’ai vu une pièce de théâtre.
J’ai apprécié un spectacle de cabaret.
J’ai écouté de la musique les yeux bandés.
Je me suis demandé où j’étais lorsque j’ai vu un homme et une femme nus se faire ligoter pendant qu’un DJ performait.
J’ai dansé sur des mix de DJ non commerciaux.
J’ai gravé ma contribution dans la cire d’une toile collaborative.
J’ai admiré une expo de photos.

De l’intérêt de Meetic

October 15th, 2006

Ce soir, je suis allé plonger dans la vie nocture de Piccadilly Circus. Quelques bières, quelques rencontres Erasmus, quelques hamburgers plus tard, nous voici devant le premier club. Nous sommes accompagnés de deux minettes de 18 ans, l’âge requis étant de 21, le videur n’apprécie pas le bluff, et nous voici parti à la recherche d’un deuxième club.

Je propose On Anon, club auquel je suis allé pour une promo sur la vodka lundi. Le videur vérifie seulement l’âge des individus mâles, mon collègue et moi même, les minettes passent avec nous sans problème.

La raison en est simple : la clientèle est très masculine. Cependant, je n’ai pas froid aux yeux, et je m’en vais à l’aventure. Les quelques jolies filles sont accompagnées, seuls me reste les filles moins jolies et les hommes.

Accoudé au bar, sirotant la Corona Extra, j’avais perdu tout espoir, jusqu’à ce que mes yeux s’arrêtent sur un groupe de filles parmi lesquelles une jolie fille au sex appeal tout à fait cachonda me tape dans l’oeil. Son corps vibre au son des basses, elle ondule, elle danse, elle s’amuse, et surtout : elle est seule. Laurent, tu peux le faire.

Je délaisse mon collègue, m’avance vers elle, tente un pas de danse assez mauvais, et me dis que la meilleure chose à faire serait de lui parler. Nous sommes assez loin des enceintes, ma voix est donc audible. Je complimente sa manière de bouger, son entrain, son sourire, et je lui demande même son prénom.

  • My name is Katka.
  • You must be from the Czech Republic.
  • How do you know that ?
  • I’ve met two other Katka while I was in Milan, and they were Czech. By the way, I’m Laurent, nice to meet you.

Le dialogue continue. Nous dansons en même temps. Je suis souvent à l’origine des sujets de conversation. C’est lent, mais ça marche. Elle commence même à me poser des questions, à s’intéresser à moi.

Ca s’annonce bien.
Nous nous asseyons, et au détour d’une conversation :

  • My boyfriend is waiting for me in Praha.
  • You have a boyfriend, dis-je stupéfait. Je me reprends. And I’m trying to flirt with you, I am so sorry. Je reste un gentleman.
  • It’s ok, I really do enjoy the talk with you.
  • Yeah, me too, sure…

Quelques minutes plus tard, je lui faisais mes adieux, et je rejoignais mon collègue pour lui conter mes mésaventures. Je me console, au moins, je ne suis pas tombé sur une sexworker.

Emmène moi dans ton pays magique

October 8th, 2006

Youpi… Hommage à ce blog horrible. Les enfants, n’y allez pas, vous allez vraiment être choqués.

Songes-y…

October 7th, 2006

J’étais allongé, à la romaine, en train de discuter avec elle. On parlait de tout et de rien, je lui souriais. Il faut savoir que je souris souvent quand je ne comprends pas ce que l’on me dit. Ces derniers à temps à Londres par exemple, par lassitude, je souris lorsqu’un anglais n’articule pas, ou lorsqu’un étranger me parle étranglish : c’est tellement moins fatiguant que de demander de répéter, de faire un effort de compréhension… Avec elle, pas de doute, je comprends, puisque nous parlons en français. De plus, je crois que j’ai presque cerné sa personne : une fille simple, adorable, innocente, pure : la gentillesse incarnée. La chambre est éclairée d’une lumière orange, longueur d’onde approximative 610 nm. Le papier peint, les draps du lit japonais sur lequel je suis allongé et elle assise en tailleur, les meubles, tout est orange, comme si j’observais le monde à travers un filtre coloré. Je ne comprends pas pourquoi. En tous cas, je suis sûr qu’elle est en train de tomber amoureuse de moi : pas de doute, lorsqu’elle me parle, elle est fascinée. Dans le même temps, elle n’ose pas me fixer lorsque je m’adresse à elle. Elle cherche à en savoir davantage sur moi, ce qui me flatte, alors je fais mon numéro.

Cela fait presque 20 minutes que je parle presque exclusivement de ma vie. Et je ne sais rien d’elle. Je parle encore, et je la regarde : elle n’est pas belle, elle est banale, avec un petit truc en moins. Je m’ennuie. Je voudrais partir, mais je ne peux pas. Je m’arrête de parler, je souris. Tout s’efface à moi, ma vue tourbillonne, suis-je en train de m’évanouir. Non. Elle s’adresse à moi, elle parle, elle se confie. Elle me montre une main gauche mutilée que je n’avais pas remarquée. Je frisonne d’horreur et je retrouve mes esprits. Qu’est ce que c’est, je demande faussement avec compassion, alors qu’en réalité, je suis complètement dégoûté. Elle est en confiance, alors elle continue : c’est ma personnalité schizophrène. Je regarde sa main, et je n’en reviens pas mes yeux, je n’ose pas croire ce que je comprends. Ma personnalité schizophrène est complètement instable, dit-elle, elle me veut du mal à moi, et aussi aux autres. Ah bon, ça me fascine. Te rends-tu compte du changement, enfin, je veux dire, lorsque tu es toi-version-mal, est ce que toi-version-bien est encore présente ? Est ce que ça arrive souvent ? Non, me dit-elle, mais lorsque cela arrive, je ne me contrôle pas.

Nous continuons encore la discussion, et puis, je m’en vais. Elle est quand même niaise, un peu conne, et assez moche. Par contre, je suis content de ma prestation de séduction : en toute modestie, elle va penser à moi quelques temps.

Plus tard, alors que je me balade dans la rue. Je la vois qui passe devant moi. Par contre, son regard sans expression est comme changé cette fois ci. Elle feint de m’ignorer, mais du coin de l’oeil, je vois qu’elle m’a reconnu, elle murmure quelque chose. En une fraction de seconde, je comprends : sa personnalité schizophrène a pris le dessus. Je comprends ce qu’elle a murmuré.

T’as cru que j’étais aussi naïve que ça ? (Moi, tu ne m’auras pas)

Un frisson me parcourt l’échine. Je fais demi-tour, et je trace ma route. Il se pourrait bien que sa personnalité schizophrène s’en prenne à moi, surtout si elle a compris que je l’ai draguée pour l’exploit, sans donner suite, en l’ignorant, elle, ses appels, et ses messages Msn. Je me dépêche, je cours, je fends la foule, tel Moïse franchissant la mer, mais je ne guide personne, je ne sais pas moi même où je suis. Une cabine de téléphone rouge, et des taxis circulant à gauche plus tard, je comprends : je suis à Londres. Je suis haletant, je pense qu’elle ne me retrouvera pas. Je ferme les paupières, je les ouvre : elle est au coin de la rue, avec son téléphone en main.

Qu’est ce qui se passe, ce n’est pas possible, comment m’a-t-elle retrouvé ? Ah si, c’est ce nouveau système de messagerie en ligne, ce mashup Meebo, Google Map, et géolocalisation. Comment je fais ? Qu’est ce que je fais ?

Il faut que j’éteigne le service. Pas le temps, elle se rapproche, elle est vile, et elle va me faire un truc affreux. Son esprit est malade. Mes dernières lectures ne me rassurent pas, dans American Psycho, Patrick Bateman réservait des sorts horribles à ses proies. Je cours, je tourne, je me retourne, je suis à bout de souffle, si elle me retrouve là, je suis fini.

Je me relève, elle est en face de moi. Je me lève, c’était un cauchemar.