Je me noyais dans les pronfondeurs
De ce papier canson gondolé,
M’emportant dans les tourbillons
D’un songe à Venise.Comme le lichen desséché
À qui l’on promet la liqueur de vie
Dans ce désert sans amour,
L’oasis n’est que mirage.Je tombe dans les bras de la sirène,
À bord de son iceberg
Je plonge dans les abysses
À la recherche de la lumière.Je suis vert comme je suis blanc,
Je ris jaune d’un humour noir,
Il faut accepter être un bleu,
Mais toujours rêver la vie en rose.
Archive for May, 2006
Six-en-ciel
May 26th, 2006Le vélal et la morale bancale de Crystal
May 21st, 2006Il parait, d’après la bible, que tout homme naît pêcheur. Et moi, j’accepte les choses telles qu’elles sont. Quand j’étais petit, j’allais souvent taquiner Dame Fario dans les torrents environnants. Depuis que je suis plus grand, je n’ai plus guère de temps à consacrer à ces activités halieutiques, où la patience, donc le temps, est le maître mot. Pour conserver vraie la valeur de l’assertion des écrits sacrés, je préfère voler de la musique, des films, et des vélos.
Une chose est sûre, j’ai un don pour voler les vélos puisque j’en trouve fréquemment en self-service (càd non attachés). Hier soir encore, j’ai trouvé un vélal à l’abandon, alors que je rentrais d’un footing nocturne. Trouver un vélal alors qu’on est obligé de se taper 5 bornes à pied, c’est comme trouver un portefeuille par terre (ou sur un fauteuil), on se sert ! Cependant, ce soir là, je n’ai pas pris le vélal : d’une part, il ne me restait plus que 300m à faire, et d’autre part, l’ami qui m’hébergeait (appelons le Crystal, à tout hasard), n’aurait pas laissé rentrer un voleur chez lui.
- C : Laurent, tu te rends compte au moins de ce que tu fais, c’est du vol.
- L : Et alors ? T’as jamais rien volé, connard ?
- C : Ben non.
- L : Et les mp3s, les films, les logiciels que tu télécharges alors ?
- C : C’est du vol, je suis d’accord, mais c’est du vol gentil. Tu vois, toute la différence réside dans le fait que lorsque je télécharge un mp3, l’industrie du disque n’a rien perdu, alors que lorsque tu voles un vélal, le propriétaire du vélal a perdu son vélal.
- L : Ahhhh, donc, parce que tu ne peux pas tenir le mp3 dans tes mains, l’industrie du disque n’a rien perdu.
- C : Non, je ne dis pas que la propriété intellectuelle n’est pas la propriété d’autrui. Je dis que si tu voles le vélal du propriétaire, et bien il ne pourra plus se servir de son vélal. Par contre, quand je vole un mp3 (quand je le télécharge) à l’industrie du disque, elle n’a rien perdu, parce qu’elle peut encore vendre ce mp3 à quelqu’un d’autre.
- L : Oui, mais tu voles quand même la propriété intellectuelle.
- C : Ok, je te l’accorde, c’est du vol, mais gentil. Franchement, je me répète, mais : si tu voles un vélal, son propriétaire ne pourra plus s’en servir (il perd quelque chose), alors que pour un mp3, son propriétaire pourra encore le vendre.
- L : Il y a une faille dans ton raisonnement. Dans ton histoire, le propriétaire du mp3 perd quelque chose. Quand il a décidé de commercialiser cette chanson, il tablait sur X clients (étude de marché par exemple), donc il a fait le nécessaire en publicité, composition… Alors, quand tu vas voler le mp3, il perdra une vente, càd les sous de cette vente, et l’investissement amorti par rapport à X.
- C : Je suis d’accord avec toi. Mais tu oublies une chose : moi, si je n’avais pas pu voler ce mp3, je ne l’aurais pas acheté. (si on n’avait pas la possibilité de voler des mp3s, j’écouterais la radio) Donc, il ne perd rien.
- L : Ahhhh, donc les gens qui achetaient des CDs et qui n’en achètent plus (ou que très rarement) maintenant, sont des voleurs de la même espèce que moi.
- C : Oui.
- L : Donc, tu laisses rentrer chez toi des gens qui sont des voleurs de la même espèce que moi, mais tu ne les méprises pas autant que moi.
- C : Oui
- L : Mais j’aimerais en revenir au point “ce mp3, si je n’avais pas pu le voler, je ne l’aurais pas acheté”. Même si c’est vrai, rassure-moi, ce mp3, une fois que tu l’as volé, tu l’écoutes quand même ?
- C : Oui, je l’écoute.
- L : Donc tu utilises quelque chose que tu as volé, même si tu ne l’aurais pas acheté si tu n’avais pas pu le voler. Et c’est ok pour toi. Genre, je me déplace à pieds d’habitude, mais vu que je suis un délinquant, je vole une Z3, et je l’utilise. Je l’ai volée, mais je ne l’aurais pas utilisée si je n’avais pas pu la voler. Penses-tu que c’est mal ?
- C : Oui, c’est mal. Mais là le concessionnaire, il n’a plus de voiture.
- L : Je prends un autre exemple. Imagine un épicier qui a un stand de 50 kg d’orange. Dans ces 50 kilos d’orange, il espère en vendre 45 kg, les 5 kg restants sont considérés comme de la perte, ils seront jetés au bout de 2 semaines lorsque personne n’en voudra plus et qu’ils auront pourri. Je passe à côté du stand à 16h30. J’en vole une, et je la mange (je l’utilise). Selon toi, là j’ai le droit de la voler, parce que si j’avais dû l’acheter pour pouvoir la manger, je me serais abstenu, et parce que cette orange que j’ai volée fait partie des 5 kg de perte prévues, et on ne peut donc considérer que l’épicier a perdu une orange puisqu’il peut encore en vendre 45 kg (on considère que l’épicier n’a pas compté dans ses clients les écoliers qui achetaient les oranges à 16h30).
- C : Hum…
- L : Il y a un contrat entre le vendeur et le consommateur. Lorsque tu utilises le produit du vendeur, tu paies une somme d’argent. Si tu ne la paies pas, tu voles, et tu brises une règle de la société, qu’il y ait une perte ou pas du côté du vendeur.
- C : Sinon, j’ai un autre argument : il faut boycotter l’industrie du disque qui s’en met plein les poches, et qui se place en intermédiaire artificiel qui n’a plus lieu d’être à l’heure de l’Internet.
- L : Je ne suis pas si sûr qu’ils n’ont pas lieu d’être. Si les artistes
pouvaientdevaient faire l’enregistrement, la diffusion, et la publicité de leurs oeuvres tout seul, il y aurait sur le marché beaucoup moins de diversité musicale. - C : Moi je dis qu’ils s’en mettent plein les poches, et qu’il faut protester : téléchargeons des mp3s illicitement.
- L : À ce moment là, pour protester contre les prix d’Apple qui sont trop haut, je vais à l’Apple Store, et je vole des iPods et des MacBooks. Nous sommes dans un monde civilisé, et la musique n’est pas essentielle à ta survie, tu as le droit de protester légalement, en n’achetant pas de mp3s, tout simplement.
- C : Mouais…
- L : Il y avait un argument recevable que tu ne m’as pas cité, c’est que le vol du vélo se serait répercuté plus directement sur son propriétaire qu’un vol de mp3 (dans le sens où le mec aurait été dans la merde pour aller en cours le lendemain par exemple). C’est d’ailleurs pour cela que je n’ai pas volé le vélo.
- C : Tu restes un délinquant, et moi, je suis le robin des bois modernes.
- L : ZZZZzzzzzZZZZzz…
J’espère, cher lecteur, que tu es d’accord avec moi : télécharger un mp3 illicitement, c’est aussi mal que de voler un vélal. Si tu ne l’es pas, je t’invite à exprimer ta pensée dans les commentaires.
Vous y croyez vous ?
May 11th, 2006- La petite fourmi, qui fait un pas, puis un demi pas, puis un tiers de pas, puis un quart de pas, puis un cinquième de pas… et ben elle va atteindre la Lune, vous y croyez vous ? (sPtial DdiKs)
- L’affaire Clearstream, encore plus fort qu’Ocean onze, douze, treize, vous y croyez vous ?
- Les molécules d’air qui soutiennent un avion pensant des milliers de tonnes, vous y croyez vous ?
- Les prévisions météos qui annoncent la température du lendemain, vous y croyez vous ?
- Les mutants qui passent du 9A à vue, vous y croyez vous ?
- L’âme qui se détache de votre corps quand vous mourrez, et qui rejoint le firmament, vous y croyez vous ?
- Les mecs qui ont l’oreille absolue, vous y croyez vous ?
- Les ondes électromagnétiques qui virevoltent dans les airs, vous y croyez vous ?
- Le théorème de Miller-Rabin, vous y croyez vous ?
- L’univers à 11 dimensions, vous y croyez vous ?
- Les systèmes informatiques qui plantent à cause des rayons cosmiques, vous y croyez vous ?
Jusqu’alors, je n’y croyais pas, mais il semblerait que les rayons cosmiques existent bel et bien. Hier, alors que je devais rendre une feuille de calcul pour la compta de ma création d’entreprise, Open Office a refusé de démarrer, d’un seul coup. En bon professionnel de l’informatique que je suis, je n’ai pas paniqué. J’ai procédé par déduction :
- Open Office est écrit en
PHPJava, et c’est bien connu que c’estsuper rapide etsuper stable. - Mac Os X ne peut pas planter, c’est du BSD.
- Ce n’est pas une erreur de manipulation humaine, j’ai désinstallé le programme. J’ai redémarré. J’ai éteint tous les programmes en fonctionnement, j’ai réinstallé Open Office, et ça ne marchait toujours pas.
La seule solution est donc le rayon cosmique qui a perturbé le petit G4 (le processeur).
Par équivalence, j’en déduis donc que toutes les autres propositions citées plus haut sont vraies. Dieu a créé l’univers à 11 dimensions en 7 jours (11/7 dimension(s) par jour : une fraction irréductible et des nombres premiers), les avions, comme les âmes et les ondes acoustiques, sont portés par les petites molécules d’air qui leur font la courte échelle, et pour finir : des gens lisent mon blog.
De la prostitution et du mariage de raison
May 8th, 2006Je vous entendais me supplier du bout des lèvres. Dans vos yeux, je percevais l’ennui de vos âmes. Y plongeant, je pouvais goûter l’encre de votre addiction (néologisme), parce que je n’avais pas bloggué. Alors, pour le plaisir de tous, me revoilà après une semaine de vacances, loin de tout, loin de la civilisation : de l’heure, de l’Internet, et de mon blog.
Quid de l’amour aujourd’hui ?
Notre société occidentale baigne dans la morne monogamie de l’idéal dantesque du Dolce Stil Nuovo. L’amour, plus pur que jamais, sublime l’âme de l’homme au coeur noble. La femme, telle l’ange descendu du ciel, le guide vers l’amour infini du Tout-Puissant. Vous y croyez vous ? Vous seriez déçu, surtout si vous saviez que le Tout-Puissant dans Dragon Ball Z, c’est un mec qui vient de Namec et qui a la peau verte.
Le ton est donné : l’amour (et plus généralement la relation H/F, H/H, ou F/F) est une notion artificielle créée par la société. Par exemple : il fut un temps, et je crois qu’il en est encore ainsi aujourd’hui, où la société condamnait la prostitution (attention : je ne dis pas que c’est bien), cependant, dans des époques pas si reculées que cela, les mariages arrangés étaient tout ce qu’il y avait de plus naturel.
Qu’y a-t-il de mal à cela ? Un mariage arrangé, une dot, une fille qui se marie à l’homme que son père a choisi pour lui, parce qu’il était riche, ou une fille qui se marie à l’homme qui l’a choisie, parce qu’il était riche. C’est vrai, c’était naturel et dans les us et coutumes de l’époque. C’est comme la prostitution : qu’y a-t-il de mal à cela ? Un coup arrangé, un billet, une fille qui couche avec un homme parce qu’elle l’a choisi parce qu’il était riche, ou une fille qui couche avec un homme qui l’a choisie, parce qu’il était riche.
Le dénominateur commun est simple : c’est l’argent. Dans les deux cas, on paie, pour une relation (au sens mathématique du terme) des deux individus. Si vous avez en tête l’image du / de la prostitué(e) au coin de rue, vous pourriez vous oûtrer et me dire : “Non Laurent, tu dégrades l’image de l’amour, c’est pas pareil !”. Mais alors, qu’en est il des gigolos ? C’est du pareil au même. C’est mal, mais on laisse faire. Pourquoi ? Parce que c’est naturel, il n’y a que le fric qui compte. Encore une fois, le fric gouverne la société, ou pas. En fait, le fric, c’est le sexe, et le sexe, c’est ce qui gouverne la société.
J’aurais pu terminer sur cette note désormais canoniquement classique de mes billets, puisque j’ai rempli mon quota de mots clef. Cependant, pour ramener ça à un niveau encore plus animal, parce que j’ai regardé un reportage sur l’amour, la séduction, et le sexe sur ma chaîne préférée (France 5), tout est une question de pérennisation de l’espèce. C’est beau l’amour hein ?
PS : Je fais exception des couples qui vivent heureux, et de Sophie et son chéri, qui vont bientôt se marier et avoir plein de tout petits bébés.