Maintenant que j’ai trouvé un titre, il va falloir remplir le billet. Je ne parlerai pas de marijuana, de crack ou de colle dans ce billet, ces sujets graves devant être abordés avec du sérieux, et donc pas par moi.
En revanche, je voulais vous parler de la drogue du coureur, de la drogue du cycliste, ou du skieur de fond : l’endorphine. Qu’est-ce ? C’est une hormone sécrétée par votre corps pour apaiser la douleur (et d’autres choses encore), et qui, en particulier, est sécrétée dans les efforts physiques (de longue durée ?)…
Pour être honnête, je ne ressens que très rarement les effets de ce neurotransmetteur après le vélo (sorties trop longues ?) ou après le ski de fond (effort trop violent). Pour les sports qui ne sont pas des sports de fonds, je n’en ai jamais ressenti les effets non plus.
Bref, je voulais vous parler spécifiquement de la course à pieds. Pour replacer le contexte, j’ai commencé à courir pendant que je faisais mes révisions pour les concours. À l’époque, c’était surtout pour prendre l’air, malgré le fait que ce soit assez violent physiquement. Mais peu à peu, c’est devenu une activité dont je ne pouvais plus me passer. Dans ma journée type de révision où je n’ouvrais pas les volets, et où je potassais du théorème d’analyse à 48 hypothèses, et où je me faisais chier comme un rat mort, tout ce que j’attendais (ma journée était planifiée) : c’était de pouvoir fouler du sentier sauvage.
D’une part, je pouvais me détacher de mes soucis d’analyse ou de thermodynamique, d’autre part, au bout d’une d’une demi-heure / 45 minutes de course à pieds, j’étais envahi par une sensation de bien-être. Après la course à pieds, après avoir soufflé, bu un coca et pris ma douche, les sensations se prolongeaient. Plus que du bien-être physique où je sentais mon corps flotter, mon esprit était reposé. Et il faut dire que je me sentais un peu euphorique. J’ai appris bien plus tard que c’était là les effets de l’endorphine.
Est-ce une drogue ? Oui, parce que c’est plus ou moins une substance chimique qui agit sur votre cerveau. Non, parce que c’est une substance sécrétée naturellement par le corps (et qui logiquement ne pourrait faire que du bien). Une autre réponse à la question serait : est-ce addictif ? (en bon français : cela peut-il provoquer une dépendance ?)
Je m’en suis rendu compte à mes dépends pendant mes oraux à Paris, là où il fait chaud et où c’est pollué, là où le parterre est goudronné et pollué par les détritus, là où la jungle urbaine règne en maîtresse. Les caractéristiques de la capitale ne m’ont pas permis de courir. Et les effets se sont vite faits ressentir : je ne tenais pas en place, j’étais tout bizarre, tout me démangeait, et j’étais moins concentré. Au terme des oraux, quand je suis rentré chez moi, la première chose que j’ai faite fut d’emmener Lucky (mon chien) et mes pieds faire une petite ballade dans la montagne d’à côté. Et là, c’était la délivrance, le bouffée de weed, le fix du bonheur, le relâchement du garrot.
Je vous rassure néanmoins, l’addiction est faible, pour s’arrêter, il suffit de ralentir peu à peu. De toutes façons, au bout d’un moment, on est bien obligé, puisqu’à force de courir dans tous les sens, on commence à se faire mal (la course à pieds est un des sports les plus traumatisants que je connaisse) et on devient tout maigre trop athlétique.
Pour finir, je vous donne la marche à suivre (haha) :
1 – Chaussez une bonne paire de chaussure et lacez les
2 – Prenez à boire
3 – Echauffez vous
4 – Courrez (30/45 minutes pour une première fois)
5 – Etirez vous (le lendemain, vous allez avoir mal)
6 – Recommencez en -1-, au bout de deux trois fois, vous commencerez à sentir les effets de la drogue.
Et en plus, c’est gratuit !