Monsieur le directeur de Decathlon,
Je suis un fidèle client de votre magasin, et plus généralement de votre enseigne. Oui, Decathlon est la grande surface sport qui a su démocratiser et qui a su rendre accessible le sport dans nos contrées. Vous avez su nous délivrer des petits magasins locaux, qui profitant de leur monopole et de leur soit disant spécialisation, vendaient des produits à des prix hors de portée, à nous, les masses.
Mais la suite de la présente n’est pas aussi élogieuse. Je voudrais vous faire part de mon désarroi et de ma stupéfaction concernant la réparation de mon vélo tout terrain dans vos ateliers, ou plutôt devrais-je dire de la prise en charge de mon vélo en garantie dans vos ateliers.
Puisqu’il est plus naturel et plus facile de présenter les faits chronologiquement afin que vous puissiez me comprendre, je procéderai ainsi. Le vélo tout terrain en question est un modèle Rockrider 9.1 datant de 2004. En tant que vététiste chevronné, il est pour moi mon fidèle destrier, le compagnon de mes folles péripéties dans nos sentiers alpins. Hélas, on ne fait pas d’omelette sans casser les oeufs, et c’est avec tristesse que j’ai vu pour la deuxième fois mon cadre se pourfendre sous les assaults des rochers qui ont finalement réussi à le blesser mortellement : du jeu dans le triangle arrière.
Faisant confiance aux services de l’atelier Decathlon, je l’ai ramené. Jusque là, aucun problème, j’ai même pu faire prendre en charge mon vélo au magasin de la Tronche à Grenoble, m’évitant de le ramener jusque St Alban Leysse, le magasin de Chambéry. Tout se déroulant à merveille jusque là, l’atlier central de Lyon m’a même téléphoné pour me donner plus d’amples détails sur les réparations et pour m’informer sur une éventuelle facturation de la réparation, qui finalement n’a pas eu lieu (puisque tout était bel et bien sous garantie).
Je suis inscrit à l’école de VTT de Grenoble, et tous les jeudi après-midi, je frissonne à l’idée de randonner sur les hauts chemins des montagnes bordant la vallée grenobloise, mais depuis que mon vélo était en réparation, je ne pouvais qu’en rêver. Puisque je suis tout à fait au courant du fait que les ateliers sont débordés et qu’il faut laisser le temps aux choses, comprenez par là que je ne suis pas un psychopate qui téléphone tous les jours au magasin pour prendre des nouvelles de mon vélo, j’ai laissé faire.
La date prévue de retour était de deux semaines et demi. Mais au bout d’un mois jour pour jour, je ne tenais plus, je me suis rendu au magasin de la Tronche pour demander des explications. Et là : les ennuis commencent.
Deux personnes se situaient devant moi, et l’attente qui me séparait de la responsable de l’atelier (du moins, la dame qui se chargeait de la relation avec le client), bien qu’elle était spatialement de deux mètres, normalement (norme associée aux nombres de personnes dans une file d’attente) de deux personnes, fut temporellement de 30 longues minutes. Lorsque je lui tendis mon billet, elle me fit sentir son ras-le-bol, et je me souvenais alors de l’affiche “CDI atelier cycle, nous recherchons bla … bla bla … une personne dynamique, ayant le sens des relations humaines, et sachant représenter les valeurs de l’entreprise” …
Lorsqu’elle me dit que mon vélo était en fait présent dans leurs locaux, elle alla le chercher. Par curiosité, je lui demandai quand est ce qu’il était arrivé. Elle me répondit “il y a une semaine”, alors que je leur avais demandé de m’avertir aussi tôt qu’ils l’auraient reçu puisque j’en avais grand besoin, et qu’ils m’avaient assuré qu’ils le feraient. Tout se qu’elle trouva à répondre, sans même s’excuser était : “Vous avez vu tout le travail qu’on a, alors …”. Lorsque je suis revenu 15 secondes plus tard pour demander un renseignement, elle m’ignora et servit plusieurs clients avant qu’un des mécaniciens, voyant ma détresse, vienne répondre à mes questions.
Vous comprendrez, j’espère, cher Monsieur, ma stupéfaction et mon desarroi. Je ne veux pas (et je ne peux pas) vous demander de sanctionner la personne, mais j’espère qu’un tel cas ne se reproduira plus. Certaines personnes (JBA pour ne citer que lui) ajouteraient même : j’espère que vous saurez faire un geste commercial à hauteur suffisante pour dédomager le préjudice.
Laurent TU
