Si cela fait plus de 40 ans que vous êtes fonctionnaire dans l’administration française, que vous vous sentez aigri(e), agressé(e) par les citoyens et surmené(e), “C’est mon choix” vous invite à témoigner aux côtés d’Evelyne Thomas. (si ré mi fa# si, si me dit Maxime)
Je pense que l’on en rigolerait beaucoup : un plateau spécial c’est mon choix avec 80% de l’administration française, au stade de France ! Je ne dis pas que toutes les personnes travaillant dans l’administration sont comme je vais le décrire ci dessous, mais de ce que j’ai pu voir jusqu’à présent, c’est kif kif …
1. Premier exemple : la préfecture
Vous avez un papier super important à faire faire, vous voulez retirer votre permis avant de partir en vacances, mais pas de chance vous travaillez, et les horaires de la préfecture sont strictement inclus dans les votres. C’est normal !
Vous ferez avec, vous prendrez une journée de congé, ou vous demanderez à votre patron de sortir un peu plus tôt (càd 14h45). Mais arrivé là bas, il s’avère que les trois personnes qui sont censées gérer le service sont parties toutes trois prendre un café en même temps (bien sûr c’est la 4ème pause café de l’après midi, et il n’est que 15h00). Une des personnes revient miraculeusement devant son bureau (c’était pour chercher quelque chose dans son sac en fait), mais manque de pot, c’est déjà 15h10 et elle vous dit qu’il faudra revenir le lendemain car ils vont commencer à fermer, étant donné que l’horaire de fermeture est à 15h30.
Mais je vous assure, avec un peu de chance (1 jour sur 3 d’après l’INSEE), vous n’attendrez pas, vous ferez demi tour parce que ce sera un des nombreux jours de grève de l’année (il faut respecter la tradition et les quotas).
2. Un autre exemple : la maison des langues de Grenoble
La maison des langues à Grenoble est une université spécialisée dans les langues, entre autres pour les non spécialistes. Elle doit pouvoir faire face au début de l’année aux inscriptions des étudiants non spécialistes qui veulent étudier une langue non enseignée dans leur école/université. Pour cela, 5 personnes travaillent dans ce service d’inscription.
Le premier jour où je me pointe, je trouve le service fermé, en regardant les horaires de plus près, je me rends compte que ce sont à peu près les mêmes que ceux de la préfecture. Cependant, puisque je suis bien obligé, je m’aperçois qu’ils ouvrent à 15h le lendemain, mais je devrai faire vite car je commence à 15h15.
Le lendemain, je me pointe en avance, une ambiance joviale règne dans le bureau : tout le monde propose du thé, du café, et des gâteaux. J’attends jusqu’à 15h, je suis ignoré, elles (oui, ce sont des dames) continuent leur petite pause. Bon, tout le monde n’a pas une montre avec horloge atomique intégrée, j’attends un peu.
Cinq minutes passent, je fais “hum, excusez moi, vous n’êtes pas censées ouvrir à 15h ?”, une jeune fille aux (déjà) allures de vieille fille se lève, dit à ses collègues “je m’en occupe”, elle me répond alors “quand vous êtes au supermarché et qu’il n’est pas ouvert, vous défoncez la grille ?”. Je suis surpris, ne comprenant pas ce qu’il m’arrive. Je l’entends dire “C’est comme ça qu’il faut y faire (sous entendu : avec les bêtes sauvages), j’ai un frère moi”. Après la surprise vient la stupéfaction … quelle agressivité ! (Freud dirait que ça vient d’un passé d’inceste refoulé) Bon, je recule, je vascille, que puis-je dire ? Puis je me comporter de manière odieuse ? Non ! Je n’ai pas envie qu’elles perdent mon dossier, ou encore me retrouver avec 5 de moyenne.
Le meilleur (ou le pire) reste à venir, j’intercepte un “On a fermé un quart d’heure en retard tout à l’heure, encore heureux qu’on les rattrape maintenant !” … J’ai failli leur demander si elles ouvraient en avance les jours où elles finissaient plus tôt.
Qui vote pour “C’est tout à fait scandaleux !” ?