C’était un petit magasin de vélo situé à La Motte Servolex, ce magasin disposait jusqu’à peu d’un quasi monopole de la vente de vrais vélos sur l’aglomération chambérienne. Sans véritable concurence, les prix étaient hauts, et l’avenir semblait radieux.
Mais c’était sans compter l’arrivée de grandes surfaces produisant des produits de haute qualité (pour ne pas citer Decathlon) et des magasins en ligne. Les personnes disposant d’un budget de moins de 2000 €, si elles sont censées, vont désormais acheter leur vélo à Decathlon.
Je suis une personne censée, et de part mon statut de simple étudiant ne travaillant que l’été, je n’ai pu acquérir qu’un pauvre Decathlon RR 9.1. Quel vélo performant pour un prix tout aussi performant. Bien sûr, à ce prix, certains composants sont de moindre qualité, par exemple les freins ou la fourche.
C’est pourquoi je me suis permis de commander des nouveaux freins et une nouvelle fourche sur internet, plus exactement chez Barracuda. Les prix sont hyper compétitifs, et la disponibilité des nouveaux produits n’attend pas. (À Chambéry, il faut commander le produit 3 mois à l’avance pour recevoir le modèle 1992).
Puisque j’étais à Grenoble et que j’allais rentrer pour le WE et que les composants étaient arrivés pendant la semaine, mon Papa est allé faire monter les pièces à ce magasin de vélo (question de proximité) : je ne savais pas monter la fourche, et pour me faire plaisir il leur a demandé de monter les freins (pour que je puisse m’en servir le WE même).
Je rentre chez moi et découvre que mon vélo est tout monté. C’est super ! C’est la fête ! Malheureusement, la durite du frein à disque n’a pas été raccourcie. Je demande à mon père s’ils lui ont dit pourquoi ils ne l’avaient pas fait : il me répond que non. Il me conseille d’aller les voir, d’autant plus que le montage des freins a coûté 50 € !!! (328 FF) Quoi, comment, 50€ pour 3 vis ?!!!
Je m’en vais le lendemain au magasin, je me présente à la caisse. D’une manière très courtoise, je leur fais remarquer que la durite n’a pas été raccourcie. Ils apellent le grand guru du VTT le responsable VTT du magasin à la rescousse, je lui expose mon problème, et lui dis que je trouve dommage que pour 50 € ils n’aient pas fait le travail comme il faut ! Il me rétorque qu’il me manquait les olives. Ah bon ? Les olives, c’est quoi ça ? Ben oui, il manque les olives, quand vous les commandez chez nous (il me reprochait de les avoir commandé sur internet) ils livrent des olives permettent de raccourcir la durite. Fin de la discussion.
Je sais qu’il faut payer les mécanos, par exemple, je trouve normal que le montage de la fourche coûte 25 €. Par contre, facturer 50 € le montage de 12 vis Torx et 2 vis BTB … c’est de l’abus total. Tout ça parce que mon vélo est un Decathlon, parce que j’ai commandé mes freins sur internet, et parce que mon père avait l’air de ne rien y connaître (il ne parle pas bien français, et puis que fait un petit Monsieur de 50 ans avec un vélo haut de gamme trop grand pour lui, “on peut l’arnaquer”). Encore, ils auraient raccourci la durite, fait ça tout bien, ça passait … Mais de là à me faire croire qu’ils ne pouvaient pas le faire parce qu’il n’y avait pas les olives, et que les olives doivent être commandées, alors que les Hayes HFX9 sont un modèle de frein super courant (et que 50% des vrais VTTs de leur magasin en étaient équipés) … c’est du foutage de gueule !
Certains me diront : “C’est de bonne guerre !”. Moi je dis : tous mes potes (4 vélos achetés en 1 an) vont à Decathlon. Quand on se place sur le marché de la qualité et que l’on facture à un prix “qualité”, on fait du travail de qualité, on ne fait pas du travail “médiocre” parce que le vélo du client / le client (c’est ce qu’ils pensent) est médiocre. Pour confirmer mes impressions, quand vous faîtes la queue et que vous êtes devant le client double Colnago C50, c’est le client riche qui est servi d’abord, pas vous.
Après, les mécanos sont super sympas et super efficaces, mais la politique des vendeurs et des gérants est inadmissible. C’était “Comment se faire de la pub et comment ne pas compter dans ses clients des futurs ingénieurs” : très belle leçon de marketing !